The HobbitInédit

The Hobbit

The Hobbit

1977
90 minutes

Synopsis

Bilbo Baggins est un hobbit dont la vie confortable et tranquille au village d'Hobbitebourg est interrompue lorsque le sorcier Gandalf arrive avec une compagnie de treize nains dirigée par Thorin Écu de Chêne. Les nains sont en quête de reprendre leur royaume ancestral, la Montagne Solitaire, et son immense trésor au dragon Smaug. Bien que Bilbo ne veuille initialement rien avoir à faire avec leur aventure dangereuse, Gandalf réussit à le persuader de les rejoindre. Leur voyage les mène à travers la nature sauvage, où ils rencontrent des trolls et atteignent finalement les Montagnes Brumeuses.
En voyageant à travers les montagnes, Bilbo se sépare des nains et découvre une étrange créature vivant sous terre : Gollum. Bilbo trouve une mystérieuse bague en or et joue à un jeu d'énigmes avec Gollum. Quand Bilbo découvre que l'anneau le rend invisible, il l'utilise pour s'échapper et finit par retrouver les nains.

La compagnie atteint alors Mirkwood, où elle rencontre des araignées géantes et est capturée par les Elfes de la Forêt. Bilbo utilise l'anneau magique pour aider les nains à s'échapper. Finalement, ils arrivent à Lacville, une colonie humaine près de la Montagne Solitaire, où ils sont accueillis et reçoivent des provisions pour leur dernier voyage.
À l'intérieur de la Montagne Solitaire, Bilbo entre dans la tanière de Smaug et découvre la vulnérabilité du dragon : une tache nue sur sa poitrine. Smaug apprend bientôt que les nains sont revenus et s'envole vers la Ville du Lac pour la détruire. Bard, un archer habile, apprend le point faible de Smaug grâce à une grive et parvient à tuer le dragon d'une seule flèche. La mort de Smaug, cependant, crée un nouveau conflit. Les hommes et les elfes veulent une part du trésor, tandis que Thorin refuse de céder quoi que ce soit.
La tension conduit finalement à la Bataille des Cinq Armées, au cours de laquelle nains, elfes, hommes, gobelins et autres créatures s'affrontent autour de la Montagne Solitaire. Les gobelins sont finalement vaincus, mais Thorin est mortellement blessé. Avant de mourir, Thorin se réconcilie avec Bilbo et admet que l'amitié du hobbit est plus précieuse que l'or. Bilbo retourne ensuite chez lui avec Gandalf. Bien qu'il ait vécu une aventure incroyable et acquis une sagesse considérable, il choisit finalement de retourner à la vie tranquille qu'il a toujours aimé...

Fiche technique

Nom original
The Hobbit
Origine
Année de production
1977
Durée
90 minutes
Scénarii
Story-boards
Direction de l'animation
Superv. en chef de l'anim.
Direction artistique
Conception / Rech. Décors
Musiques
Coordination
Tôru Hara (animation)

Commentaires

Diffusé à la télévision américaine vers la fin de l'année 1977 et inédit en France, The Hobbit constitue la première adaptation cinématographique véritablement aboutie d'un roman de J.R.R. Tolkien. Le projet s'inscrit cependant dans une histoire d'adaptations avortées qui remonte à plusieurs décennies. Dès la fin des années 1950, Tolkien avait été approché pour une adaptation du Seigneur des Anneaux, mais le projet n'aboutit jamais. Une autre tentative devait donner naissance à un long métrage animé du Hobbit ; elle se transforma finalement en un curieux court métrage de douze minutes réalisé par Gene Deitch en 1967, qui n'avait que des rapports très lointains avec le roman. D'autres studios, dont MGM et Disney, envisagèrent également des adaptations avant de renoncer. C'est finalement Rankin/Bass, alors célèbre pour ses nombreux téléfilms animés (et qui sera surtout connu dans les années 80 pour Cosmocats), qui entreprend de porter l'œuvre à l'écran.
Le film est conçu comme un téléfilm de prestige, avec un budget inhabituellement important pour ce type de production. La production repose sur une collaboration américano-japonaise : les conceptions sont réalisées aux États-Unis, tandis que l'animation est confiée au studio japonais Topcraft, dont plusieurs animateurs formeront quelques années plus tard le noyau de ce qui deviendra le Studio Ghibli. Le résultat possède une identité visuelle très particulière, inspirée notamment des illustrations d'Arthur Rackham, avec des décors somptueux, des couleurs parfois très audacieuses et une esthétique qui oscille entre l'illustration fantastique européenne et l'animation japonaise des années 1970.

L'une des grandes forces du film réside dans sa capacité à préserver quelque chose du ton particulier du roman de Tolkien. Là où les futures adaptations chercheront souvent à transformer la Terre du Milieu en immense épopée cinématographique, Rankin/Bass conserve le caractère de conte merveilleux du Hobbit. Bilbo reste avant tout un personnage ordinaire brutalement entraîné dans une aventure qui le dépasse, et le film prend plaisir à montrer son évolution progressive vers le courage. Le film n'est donc pas seulement une curiosité historique : malgré ses moyens limités, il possède une véritable personnalité artistique.

Il est toutefois difficile de ne pas voir ses limites, particulièrement lorsqu'on le regarde aujourd'hui. Le principal problème est son format beaucoup trop court pour la richesse du roman. L'histoire avance à toute vitesse, certains personnages sont à peine développés et des épisodes importants disparaissent complètement (notamment Beorn) ou sont fortement condensés / simplifiés. La narration peut parfois donner l'impression d'une succession de tableaux illustrés plutôt que d'une aventure pleinement dramatique.
Certains choix visuels et certains personnages ont également vieilli de manière assez spectaculaire : Gollum, notamment, possède un aspect très éloigné de l'image devenue familière du personnage depuis les films live de Peter Jackson, tandis que plusieurs créatures et antagonistes semblent issus d'un bestiaire de fantasy des années 1970. L'animation elle-même est inégale, avec de magnifiques décors mais des mouvements parfois limités. Ces défauts expliquent sans doute pourquoi le film peut aujourd'hui sembler davantage être une belle illustration animée du roman qu'une adaptation parfaitement maîtrisée de celui-ci. Il reste néanmoins suffisamment fidèle à l'esprit général de Tolkien pour conserver un charme certain. Le scénario de Muller fut d'ailleurs récompensé par un Peabody Award en 1978, tandis que le film fut nommé au Hugo Award de la meilleure présentation dramatique.

La comparaison avec les films de Peter Jackson est inévitable. Entre 2012 et 2014, Jackson transforme à son tour The Hobbit en une trilogie de films en prises de vues réelles avec une approche radicalement différente. Là où Rankin/Bass doit condenser le roman en moins d'une heure et demie, Jackson étire son adaptation sur près de huit heures et y incorpore de nombreux éléments provenant d'autres écrits de Tolkien ou développés pour créer une continuité avec sa trilogie du Seigneur des Anneaux.
Par rapport à la version live, le film de 1977 conserve une qualité aujourd'hui précieuse : il raconte essentiellement l'histoire de Bilbo et des Nains, sans chercher à transformer chaque épisode en prélude à une gigantesque saga. Ses imperfections sont nombreuses, mais son charme vient précisément de cette simplicité, de son esthétique étrange et de son statut de première véritable tentative de donner une forme animée à la Terre du Milieu.

Rankin/Bass réalisera en 1980 une version animée du Retour du Roi, la troisième partie du Seigneur des Anneaux. Entretemps, en 1978, United Artists et Warner Bros auront réalisé un film d'animation adaptant la première partie, La Communauté de l'Anneau, et la première moitié de la deuxième partie, Les Deux Tours.

Crédits

Auteur : Arachnée