Les Schtroumpfs et le Village Perdu

Fiche technique
Nom originalSmurfs : The Lost Village
OrigineEtats Unis
Année de production2017
ProductionColumbia Pictures Television, Kerner Entertainment Company, Sony Pictures Animation
Durée85 minutes
Auteur "historique"Peyo
RéalisationKelly Asbury
ProductionJordan Kerner, Mary Ellen Bauder
Producteur exécutifRaja Gosnell, Ben Waisbren, Ben Haber
ScénariiStacey Harman, Pamela Ribon
Story-boardsDavid Feiss, Bryan Andrews, Mike Kunkel, Dean Roberts, Didier Ah-Koon, Steve Fonti, Patrick Harpin, Casey Lowe, Paul Watling, Erik Wiese
Chara-DesignPatrick Maté
Direction de l'animationAlan Hawkins
Direction artistiqueDean Gordon, Marcelo Vignali
Conception / Rech. DécorsNoëlle Triaureau
MusiquesChristopher Lennertz
Adaptation françaiseMelinda Milosev, Bob Yagansa
Direction de doublageBarbara Tissier
Gén. VF interpreté parEmmylou Homs (soliste)
ChansonsBarbara Beretta (choeurs), Mery Lanzafame (choeurs)
Diffusions
Arrivée en France (cinéma)5 avril 2017
Editions
Sortie en DVD / Blu-ray14 août 2017 (Sony)
Synopsis

Au village des Schtroumpfs, tout le monde vit en harmonie, chacun se livrant à ses activités selon sa personnalité. Mais la Schtroumpfette, unique fille du village autrefois au service de l’infâme sorcier Gargamel, peine à trouver sa place. Alors que le Schtroumpf Costaud, le Schtroumpf à Lunettes et le Schtroumpf Maladroit l’emmènent faire du "schtroumpf-board" pour lui remonter le moral, elle rencontre un Schtroumpf inconnu qui s’enfuit à sa vue en laissant tomber son bonnet, du côté du mur séparant les bois de la mystérieuse Forêt Interdite. C’est le moment que choisit Gargamel pour capturer la Schtroumpfette et découvrir par l’intermédiaire du bonnet (d’une couleur différente) qu’il existerait un autre village de Schtroumpfs, dont l’emplacement lui est révélé par un sortilège. Parvenant à s’échapper avec l’aide de ses amis, la Schtroumpfette n’a dès lors plus qu’un seul but : tenter de prévenir les habitants de ce Village Perdu.

Commentaires

Sorti en 2017, ce premier long-métrage d’animation 3D consacré aux Schtroumpfs est en fait leur 3ème film réalisé aux États-Unis si l'on compte les 2 opus mêlant animation et scènes live sortis en 2011 et 2013.

En 1980, le producteur Jordan Kerner découvre la bande dessinée des Schtroumpfs par l’intermédiaire de Brandon Tartikoff, directeur des programmes de NBC. Devenant rapidement fan de l’œuvre, Kerner souhaite aussitôt l’adapter à la télévision mais se fera damer le pion par les studios Hanna-Barbera qui produiront la série animée que l’on connaît. Bien des années plus tard, après la sortie du film live George de la Jungle (1997) qu’il a coproduit, Kerner souhaite renouer avec son désir d’adapter les Schtroumpfs mais cette fois-ci pour le grand écran. Commencera alors une longue correspondance de 5 ans entre lui et Véronique Culliford, la fille de Peyo ; celle-ci se laissera finalement convaincre après que le producteur lui a fait part des choix artistiques prévus pour l’adaptation live du Petit Monde de Charlotte qu’il préparait à ce moment-là.
Kerner envisage dès le départ une trilogie dont les histoires impliqueraient le visionnage de l’intégralité de la série télé des années 80 pour en retirer les éléments les plus intéressants et répondre à certaines interrogations, comme l’origine exacte des Schtroumpfs ou le passé de Gargamel.
Le premier film est annoncé pour l’année 2008 afin de célébrer le 50e anniversaire des Schtroumpfs et les animateurs Colin Brady et Norton Virgien sont nommés à la réalisation ; malheureusement, l’accord passé avec la Paramount et les studios Nickelodeon n’aboutira pas et le projet reviendra entre les mains de Sony Animation Pictures.

Il est alors décidé de faire un film mêlant animation et prises de vues directes avec une nouvelle orientation scénaristique, proche de la dernière saison très décriée du dessin animé, autour du thème du voyage dans le temps : une petite fille du nom de Sophie reçoit de son père une peluche ramenée de Belgique qui s’avère être le Schtroumpf Maladroit, accidentellement projeté dans notre époque après être tombé dans un portail magique. La fillette s’amourache du petit être avant de réaliser qu’il souhaite retrouver les siens. Commence alors pour Sophie et son grand frère Sam une longue aventure à la recherche des autres Schtroumpfs qui, entretemps, ont franchi le portail et doivent retrouver leur ami avec l’aide d’un jeune homme, Johan, tout en cherchant à éviter Gargamel qui les a suivis.
Les instigateurs du film justifient ce choix par la volonté de ne pas répéter ce qui se trouvait déjà dans les bandes dessinées et la série animée, mais aussi de réintroduire les personnages dans l’environnement familier des enfants. La réalisation est confiée à Raja Gosnell, grand habitué des tournages mêlant acteurs réels et personnages numériques (Scooby-Doo 1 et 2, Le Chihuahua de Beverly Hills), un casting est organisé pour les deux jeunes rôles principaux mais l’annonce suscite énormément de moqueries sur Internet. Le script est alors remanié en cherchant cette fois-ci à s’adresser aux enfants et aux jeunes parents qui ont grandi avec le dessin animé : les Schtroumpfs – suivis de Gargamel – tombent dans un portail magique qui les projette dans le New-York du XXIe siècle où ils devront trouver un moyen de rentrer chez eux tout en aidant au passage Patrick Winslow (interprété par Neil Patrick Harris), un publicitaire confronté à l’angoisse de la paternité. Le scénario est officiellement validé au début de l’année 2010 et le film – sobrement intitulé Les Schtroumpfs – sort en 2011.

Malgré la colère des fans en raison du scénario, des gags scatologiques et du design "réaliste" des lutins bleus, ce sera un immense succès public qui rapportera cinq fois sa mise et entraînera la mise en chantier d’une suite 2 ans plus tard dans la même lignée, en envoyant les Schtroumpfs à Paris tout en interrogeant la crise d’identité de la Schtroumpfette et la conception de la famille en général. Toutefois, la performance de ce deuxième volet au box-office sera moindre que celle de son prédécesseur et c’est cette raison, plus que la grogne des fans, qui poussera Sony à annuler le troisième film (où les Schtroumpfs devaient être envoyés à Bruxelles) pour proposer un reboot intégralement en animation, avec la volonté de transposer fidèlement le style graphique de Peyo.

Le projet intitulé Get Smurfy est rapidement annoncé avec Kelly Asbury en tant que réalisateur ; ce dernier lance aussitôt un blog pour tenir le public au courant de l’évolution du projet. D’abord annoncé pour l’été 2015, le film est repoussé une première fois à l’été suivant en vue de peaufiner le développement visuel, puis une deuxième fois pour le mois de mars 2017 afin de retravailler certains détails du scénario, avant d’être enfin fixé au début du mois d’avril. Le film est alors renommé Smurfs : The Lost Village (Les Schtroumpfs et le Village Perdu).

Sur le plan graphique, le résultat est une véritable splendeur : les artistes de Sony Pictures Animation, en étroite collaboration avec le studio Peyo, sont parvenus à respecter la simplicité du trait de l’auteur tout en lui injectant un véritable sentiment de présence physique dans un espace en 3D. Semblant tout droits sortis de leurs planches de bande dessinée, les Schtroumpfs sont plus expressifs que jamais, portés par une animation fluide et élastique ainsi que par une mise en scène dynamique mettant l’accent sur leur petite taille... et donc sur leurs ressources pour braver un environnement souvent hostile, à commencer par la Forêt Interdite, véritable terrain d’expérimentations plastiques jouissives pour les créatifs de Sony. Entre la végétation vivante, les dragons-libellules, les lapins-lucioles et la rivière flottante, Les Schtroumpfs et le Village Perdu est un enchantement de couleurs et de textures qui n’oublie jamais de rester lisible et agréable à l’œil.

Du côté du scénario, le film est centré sur les questionnements existentiels de la Schtroumpfette. Partiellement abordé dans Les Schtroumpfs 2, le thème se retrouve ici développé en faisant de l’unique fille du village l’héroïne de l’histoire ; et son parcours sera celui d’une quête initiatique dont la résonance se fera à travers ses rapports avec Gargamel, qui ne cessera de lui rappeler sa nature de créature artificielle... mais aussi à travers une galerie de nouveaux personnages schtroumpfs féminins ! Qu’il soit question des liens fraternels entre les Schtroumpfs ou ceux de Gargamel avec son chat Azraël et Monty (alias le Cracoucass) qui oscillent sans cesse entre l’attachement et le dédain, les personnages bénéficient d’une écriture soignée qui les mènent dans un récit sans temps morts et rempli d’humour.

Délaissant les références pour adultes, le film revendique totalement l’idée de s’adresser aux plus jeunes en se reposant sur la poésie intrinsèque de l’univers de Peyo, bien qu’il s’autorise quelques concessions comme certains clins d’œil au monde moderne avec Snappy, la coccinelle de compagnie du Schtroumpf à Lunettes qui cumule les fonctions de dictaphone, d’appareil photo et d’imprimante, ce qui donne parfois lieu à des gags savoureux car totalement inattendus. Et si la bande originale composée par Christopher Lennertz est une réussite en matière d’ambiances oniriques, l’emploi de certaines musiques pop est en revanche beaucoup moins heureux : des titres comme Delirious de Steve Aoki lors de la scène des fleurs-gobeuses ou encore Blue d’Eiffel 65 dans le Village Perdu sont totalement hors de propos et parasitent l’action plus qu’ils ne la portent. Le doublage français est dans l’ensemble soigné, avec notamment un Gérard Hernandez qui – à l’instar des 2 films précédents – reprend une nouvelle fois le rôle du Grand Schtroumpf en livrant sa meilleure prestation du personnage ; Arié Elmaleh apporte ce qu’il faut de gaucherie et d’innocence pour camper un Schtroumpf Maladroit aussi drôle que touchant. Toutefois, Laëtitia Milot a plus de mal à faire oublier Céline Monsarrat dans le rôle de la Schtroumpfette en proposant une interprétation un peu trop lisse. L'absence de Céline Monsarrat est d'autant plus regrettable qu'elle est la voix française de Julia Roberts depuis des années et que cette dernière a prêté sa voix pour la Grande Schtroumpfe Saule en version originale. Cette occasion de clin d’œil manqué est toutefois compensée par la prestation de Danièle Douet qui restitue parfaitement le mélange de sérieux, de malice et de tendresse maternelle qui caractérise le personnage.

Malheureusement, malgré le temps et les moyens que se sont donnés l’équipe technique avec une direction artistique soignée, un scénario conventionnel mais efficace qui respecte l’œuvre de Peyo et un "petit" budget de 60 millions de dollars (face aux 85 millions en moyenne chez Sony Pictures Animation), le film n’a pas rencontré son public. Écrasé par Dreamworks avec la concurrence directe de Baby Boss et la comparaison récurrente chez les critiques avec Les Trolls sorti quelques mois plus tôt, souffrant de son statut de film destiné aux plus jeunes (et peut-être aussi de la lassitude des fans qui, après la déconvenue des films de Gosnell, sont passés à autre chose), Les Schtroumpfs et le Village Perdu ne rapportera que 45 millions sur le sol américain ; son exploitation mondiale le fera rentrer dans ses frais mais ses profits resteront grandement inférieurs à ceux du 2ème film.

Si l’avenir des Schtroumpfs au cinéma semble incertain – pour ne pas dire compromis –, cet opus injustement boudé aura néanmoins généré un spin-off en bande dessinée intitulé Les Schtroumpfs et le Village des Filles qui présente une série d’histoires courtes se déroulant en parallèle des événements du film, malgré quelques petits problèmes de continuité. .

Doublage
Voix françaises (Studio de Saint-Ouen) :
Laëtitia MilotSchtroumpfette
Gérard HernandezGrand Schtroumpf
Arié ElmalehSchtroumpf Maladroit
Valentin MerletSchtroumpf Costaud
Sébastien DesjoursSchtroumpf à Lunettes
Laurent MaurelGargamel
Victoria Grosbois Tempête
Danièle DouetSaule
Cindy LemineurFleur de Lys
Adrien LarmandeSchtroumpf Fouineur
Serge BiavanSchtroumpf Grognon
Jérémy PrévostSchtroumpf Farceur
Xavier FagnonSchtroumpf Paysan
 
» Cast étendu
Auteur : Klaark
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Smurfs : The Lost Village © Peyo / Columbia Pictures Television, Kerner Entertainment Company, Sony Pictures Animation
Fiche publiée le 23 septembre 2017 - Dernière modification le 17 décembre 2017 - Lue 1875 fois