InéditSynopsis
En 1968, Taro, un vieil homme, visite le musée de Meiji-mura (le Village de Meiji / Hakubutsukan Meiji-mura), lieu consacré à l'ère Meiji (1868-1912) où l'on découvre de nombreux bâtiments de cette période qui ont été rasés ou détruits pendant la Seconde Guerre mondiale et reconstruits en cet endroit. A cette époque qui fut à cheval sur les 19ème et 20ème siècle et où le Japon quitte rapidement un système féodal pour une société moderne, Taro était un jeune enfant. Les souvenirs remontant en sa mémoire, et en tant que grand-père, il les partage avec sa famille. Il se souvient par exemple d'ouvriers du bâtiment sur des échelles et du Rokumeikan (Pavillon du cri du cerf) bâti en 1883 à Tôkyô et fortement critiqué (il fut démoli en 1941). Il se souvient également d'une jeune voisine à qui il a dû faire ses adieux…
Fiche technique
Nom original
Meiji Haru Aki (明治はるあき)
Les Quatre Saisons de l'ère Meiji
Origine
Année de production
1968
Production
Durée
73 minutes
Auteur
Création des personnages
Kinosuke Takeda marionnettes
Réalisation
Scénarii
Planning
Manipulation
Direction artistique
Direction photographie
Musiques
Commentaires
Ce film de marionnettes à fils d'une douce poésie commémorait le centenaire de l'Ère Meiji (1868-1912), son sujet évoquant les souvenirs de cette période qu'un grand-père partageait avec sa famille. Il fut produit par le Hakubutsukan Meiji-mura (Museum Meiji-mura / Musée du Village de Meiji, créé à ciel ouvert en 1965 à Inuyama, dans la préfecture d'Aichi), et ce avec la collaboration artistique de la compagnie du Théâtre de Marionnettes Takeda / Takeda Ningyô-za. Au travers de cette œuvre, c'est aussi l'occidentalisation de l'Archipel qui est évoquée avec notamment la construction de nombreux bâtiments conçus par des architectes britanniques, période qui verra également le pays se militariser et devenir la plus grande puissance de l'Asie.
L'ouvrage fut réalisé par le cinéaste, écrivain et poète Heinosuke Gosho (1902-1981) dont ce fut le dernier film de sa florissante carrière qui débuta en 1925 et fit de lui l'un des maîtres du cinéma japonais. On lui doit une centaine de films (courts et longs-métrages) explorant le quotidien des classes moyennes, un genre appelé shôshimin-eiga (shomin-geki) et qui sera traité par d'autres grands cinéastes comme Mikio Naruse ou Yasujirô Ozu. Sur ce film de marionnettes, Heinosuke Gosho était accompagné de son fidèle scénariste Hideo Horie. L'histoire quant à elle a été écrite par Tsuruo Andô (1908-1969), romancier et essayiste, ainsi qu'illustre critique de rakugo, de bunraku, de kabuki et de théâtre moderne : il connaissait depuis sa création le Takeda Ningyô-za, et il avait notamment été à l'organisation en 1961 d'une exposition sur les marionnettes de ce théâtre au grand magasin Shirokiya, dans le quartier de Nihonbashi, à Tôkyô.
La compagnie du Théâtre de Marionnettes Takeda / Takeda Ningyô-za est née en 1954. Son nom est emprunté au célèbre marionnettiste du théâtre bunraku Izumo Takeda et sa dynastie qui dirigea au 17ème et 18ème siècle le Takemoto-za dont elle s'inspire. Ladite compagnie, également spécialisée dans le jôruri et touchant aussi au kabuki, participait ainsi à cette production en ayant en charge la manipulation des marionnettes à fils avec les marionnettistes Sennosuke Takeda (de son vrai nom Masao Ishinabe, 1930-2020, membre de l'UNIMA), Kinosuke Takeda (de son vrai nom Takao Okamoto, 1923-1979), Sukujiro Takeda et Itonobu Takeda, ainsi que Tomoko Suzuki (1949-), une jeune marionnettiste entrée dans la troupe en 1963, ces artistes du mouvement adaptant leur art de la scène à celui de la caméra.
Les marionnettes de ce film furent fabriquées par le coresponsable du Théâtre de Marionnettes Takeda, Kinosuke Takeda dont les origines sociales ne le destinaient pas à être artiste : alors qu'il terminait de longues études dans l'ingénierie et l'aéronautique à l'Université de Tôkyô, il se passionna pour le théâtre de marionnettes en découvrant une représentation de Yûki Magosaburo X. Ce dernier le prit comme apprenti dans sa troupe du théâtre Youkiza (troupe qui participa à la toute première série de marionnettes de la NHK en 1953 : Tamano-no-Mae) avant que de créer le Théâtre de Marionnettes Takeda qu'il dirigea en prenant le nom de Sannosuke Takeda, son fils adoptif Sennosuke Takeda lui succédant à sa mort en 1965.
Kinosuke Takeda, marionnettiste et concepteur de marionnettes à fils (35 cm de haut environ), dont l'une des poupées la plus populaire qu'il conçut – parmi près de 2 600 personnages qu'il créa – fut Yukinko, l'enfant de neiges de la pièce éponyme écrite par Junichi Yoshinaga, et dont les créations transmettaient de chaleureuses émotions, fit en ce film œuvre d'une extrême finesse en s'inspirant de la tradition tricentenaire des Takeda et du théâtre bunraku, et tout en innovant encore tant sur les mécanismes que sur les matériaux des marionnettes. Les visages expressifs des personnages qu'il façonna ainsi était d'une beauté absolue, touchant au réalisme photographique (pour l'un des personnages, il s'inspira du réalisateur du film, Heinosuke Gosho). L'émotion qui en découle est particulièrement intense tellement la grâce qui se dégage de ces visages est d'une sublimité totale. L'ensemble était magnifié par une délicate et subtile manipulation des marionnettes (depuis une hauteur certaine au dessus des décors) et une prise de vue particulièrement soignée. C'était un véritable poème visuel d'où émanait douceur et sérénité, cet apaisement étant le fait également de l'état d'esprit de ces artistes qui en transmettant la vie à leurs personnages sculptés dans divers matériaux et tissus, transcendaient leurs âmes et celles de leur public vers un amour profond de la vie.
Concernant les décors, habitations, rues ou cours d'eau, ceux-ci étaient également conçus avec un grand soin, tant technique qu'artistique. Les marionnettistes donnaient également vie à quelques animaux comme des oiseaux en vol, ce qui était déjà le cas quinze ans plus tôt pour Tamano-no-Mae.
Kinosuke Takeda ainsi que Sennosuke Takeda, et une partie de la troupe de la compagnie Takeda, participèrent également à trois séries télévisées de marionnettes produites par la NHK. Il s'agissait de trois séries de science-fiction : Uchûsen Shirica (Silica, le vaisseaux de l'espace, 1960-62) de l'écrivain Shinichirô Hoshi, Ginga Shônen-tai (Le Commando de la Voie lactée, 1963-65) produit par Osamu Tezuka et Kuchû Toshi 008 (Ville Aérienne 008, 1969-70) d'après l’œuvre du romancier Sakyô Komatsu. Ces trois ouvrages avaient également en commun qu'ils étaient accompagnés par des compositions musicales signées par Isao Tomita (1932-2016, avec Le Commando de la Voie lactée le musicien commençait là une fructueuse collaboration avec Tekuza). On pourrait ajouter que ces trois séries sont dans une certaine mesure – bien qu'elles diffèrent en divers points de technicité et de traitement de l'espace scénique – l'équivalent des séries de science-fiction anglaises de Gerry et Sylvia Anderson : Supercar (1961-62), Fusée XL5 (1962-63), L'Escadrille sous-marine (1964-65), Les Sentinelles de l'air (1965-66) diffusée au Japon sur NHK à partir du 10 avril 1966, Capitaine Scarlet (1967-68) et Joe 90 (1968-69), elles aussi ayant marqué la même décennie.
Kinosuke Takeda concevra également des marionnettes pour une autre création d'Osamu Tezuka avec la série Pururu-kun (NHK Educational, 1973-76) dans la programmation Yôchien Hoikujo no Jikan (Jardin d'enfants, le temps de la maternelle), celle-ci contant les aventures d'une petite fille vivant avec ses amis (un petit tigre, un petit singe) et sa maman sur une île.
Ajoutons encore que juste avant de travailler sur Meiji Haru Aki, le Théâtre de Marionnettes Takeda concevait une autre œuvre d'une grande beauté et tout aussi remarquable, tant du point de vue des décors que des marionnettes conçues par Kinosuke Takeda. Intitulée Kurohime Monogatari (Le Conte de la Princesse Kuro), il s'agissait d'un moyen métrage spécialement créé pour être diffusé sur la NHK le jour de l'An en 1968. Longtemps resté introuvable dans les archives de la chaîne, c'est finalement la marionnettiste Tomoko Suzuki qui manipula des marionnettes sur ces deux films qui retrouva vers 2019 dans ses archives personnelles une bande vidéo où figurait Kurohime Monogatari. Les images de cette œuvre ont ainsi pu être restaurées.
On notera encore que, outre des représentations données sur le territoire de l'Hexagone mais aussi en d'autres pays entre 1972 et 1979 (Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières), le Théâtre de Marionnettes Takeda fut présenté en 1969 dans la série française de documentaires Le Tour du Monde des Marionnettes et le documentaire Rites et jeux : marionnettes d'Orient et d'Occident réalisés par les grands marionnettistes Philippe Genty et Yves Brunier suite à leur périple autour du monde pour faire en quelque sorte un état des lieux d'alors des marionnettes de toutes origines. Lors de l'évocation du théâtre de marionnettes Takeda, le commentateur prête à l'un des artistes de la compagnie donnant un conseil à un élève le propos suivant « Tu commenceras par travailler avec tes doigts, puis avec tes mains, tu travailleras avec ton bras mais on ne t'appellera marionnettiste que lorsque tu travailleras avec ton cœur ».
Tout le long de sa carrière, aussi bien scénique que télévisuelle, Kinosuke Takeda aura perfectionné son art tout en douceur, conservant avec respect la nature traditionnelle de celui-ci. Après sa mort en 1979 survenue à l'âge de 56 ans dans un accident alors qu'il se déplaçait en motocyclette, le Théâtre de Marionnettes Takeda s'éteignit lui aussi dans le courant de la décennie suivante. Toutefois Sennosuke Takeda se chargea d'honorer la mémoire de la compagnie tokyoïte et celle de Kinosuke Takeda en s'installant à Iida, près de Nagano (Iida d'où il est originaire, ville dite des théâtres de marionnettes jumelée à Charleville-Mézières, autre lieu phare français en cet art). Il participera ainsi à partir de 1990 à la création du Musée International de la marionnette à fils Sennosuke Takeda et dans le même temps à la création d'une petite scène pour faire revivre pour le jeune public les marionnettes et l'esprit du théâtre Takeda (dans cette même ville de Iida se trouve un autre musée consacré au maître de l'animation de poupées et figurines Kihachirô Kawamoto).
En 1968, le film Meiji Haru Aki n'a pas connu de sortie nationale au cinéma, seulement quelques projections spéciales, ce qui en a fait au cours des décennies suivantes une oeuvre d'une grande rareté. Toutefois, depuis l'existence du Musée International de la marionnette à fils Sennosuke Takeda consacré au Théatre de Marionnettes Takeda, quelques projections du film ont eu lieu. De même, le film fut projeté lors de la 29ème édition du Festival de Marionnettes de Kinosuke dans la ville de Setouchi, préfecture d'Okayama, en 2017 (festival rendant hommage à Kinosuke Takeda originaire de Setouchi), et ce avec la présence de la marionnettiste Tomoko Suzuki qui manipula des marionnettes sur ce film. Il fut encore projeté en 2018, pour le 150ème anniversaire de l'ère Meiji, et ce dans l'auditorium de l'école primaire Chihaya-Akasaka, bâtiment construit en 1897 dans le village de Chihaya-Akasaka, préfecture d'Osaka, puis démonté et reconstruit au musée Meiji-mura.
L'ouvrage fut réalisé par le cinéaste, écrivain et poète Heinosuke Gosho (1902-1981) dont ce fut le dernier film de sa florissante carrière qui débuta en 1925 et fit de lui l'un des maîtres du cinéma japonais. On lui doit une centaine de films (courts et longs-métrages) explorant le quotidien des classes moyennes, un genre appelé shôshimin-eiga (shomin-geki) et qui sera traité par d'autres grands cinéastes comme Mikio Naruse ou Yasujirô Ozu. Sur ce film de marionnettes, Heinosuke Gosho était accompagné de son fidèle scénariste Hideo Horie. L'histoire quant à elle a été écrite par Tsuruo Andô (1908-1969), romancier et essayiste, ainsi qu'illustre critique de rakugo, de bunraku, de kabuki et de théâtre moderne : il connaissait depuis sa création le Takeda Ningyô-za, et il avait notamment été à l'organisation en 1961 d'une exposition sur les marionnettes de ce théâtre au grand magasin Shirokiya, dans le quartier de Nihonbashi, à Tôkyô.
La compagnie du Théâtre de Marionnettes Takeda / Takeda Ningyô-za est née en 1954. Son nom est emprunté au célèbre marionnettiste du théâtre bunraku Izumo Takeda et sa dynastie qui dirigea au 17ème et 18ème siècle le Takemoto-za dont elle s'inspire. Ladite compagnie, également spécialisée dans le jôruri et touchant aussi au kabuki, participait ainsi à cette production en ayant en charge la manipulation des marionnettes à fils avec les marionnettistes Sennosuke Takeda (de son vrai nom Masao Ishinabe, 1930-2020, membre de l'UNIMA), Kinosuke Takeda (de son vrai nom Takao Okamoto, 1923-1979), Sukujiro Takeda et Itonobu Takeda, ainsi que Tomoko Suzuki (1949-), une jeune marionnettiste entrée dans la troupe en 1963, ces artistes du mouvement adaptant leur art de la scène à celui de la caméra.
Les marionnettes de ce film furent fabriquées par le coresponsable du Théâtre de Marionnettes Takeda, Kinosuke Takeda dont les origines sociales ne le destinaient pas à être artiste : alors qu'il terminait de longues études dans l'ingénierie et l'aéronautique à l'Université de Tôkyô, il se passionna pour le théâtre de marionnettes en découvrant une représentation de Yûki Magosaburo X. Ce dernier le prit comme apprenti dans sa troupe du théâtre Youkiza (troupe qui participa à la toute première série de marionnettes de la NHK en 1953 : Tamano-no-Mae) avant que de créer le Théâtre de Marionnettes Takeda qu'il dirigea en prenant le nom de Sannosuke Takeda, son fils adoptif Sennosuke Takeda lui succédant à sa mort en 1965.
Kinosuke Takeda, marionnettiste et concepteur de marionnettes à fils (35 cm de haut environ), dont l'une des poupées la plus populaire qu'il conçut – parmi près de 2 600 personnages qu'il créa – fut Yukinko, l'enfant de neiges de la pièce éponyme écrite par Junichi Yoshinaga, et dont les créations transmettaient de chaleureuses émotions, fit en ce film œuvre d'une extrême finesse en s'inspirant de la tradition tricentenaire des Takeda et du théâtre bunraku, et tout en innovant encore tant sur les mécanismes que sur les matériaux des marionnettes. Les visages expressifs des personnages qu'il façonna ainsi était d'une beauté absolue, touchant au réalisme photographique (pour l'un des personnages, il s'inspira du réalisateur du film, Heinosuke Gosho). L'émotion qui en découle est particulièrement intense tellement la grâce qui se dégage de ces visages est d'une sublimité totale. L'ensemble était magnifié par une délicate et subtile manipulation des marionnettes (depuis une hauteur certaine au dessus des décors) et une prise de vue particulièrement soignée. C'était un véritable poème visuel d'où émanait douceur et sérénité, cet apaisement étant le fait également de l'état d'esprit de ces artistes qui en transmettant la vie à leurs personnages sculptés dans divers matériaux et tissus, transcendaient leurs âmes et celles de leur public vers un amour profond de la vie.
Concernant les décors, habitations, rues ou cours d'eau, ceux-ci étaient également conçus avec un grand soin, tant technique qu'artistique. Les marionnettistes donnaient également vie à quelques animaux comme des oiseaux en vol, ce qui était déjà le cas quinze ans plus tôt pour Tamano-no-Mae.
Kinosuke Takeda ainsi que Sennosuke Takeda, et une partie de la troupe de la compagnie Takeda, participèrent également à trois séries télévisées de marionnettes produites par la NHK. Il s'agissait de trois séries de science-fiction : Uchûsen Shirica (Silica, le vaisseaux de l'espace, 1960-62) de l'écrivain Shinichirô Hoshi, Ginga Shônen-tai (Le Commando de la Voie lactée, 1963-65) produit par Osamu Tezuka et Kuchû Toshi 008 (Ville Aérienne 008, 1969-70) d'après l’œuvre du romancier Sakyô Komatsu. Ces trois ouvrages avaient également en commun qu'ils étaient accompagnés par des compositions musicales signées par Isao Tomita (1932-2016, avec Le Commando de la Voie lactée le musicien commençait là une fructueuse collaboration avec Tekuza). On pourrait ajouter que ces trois séries sont dans une certaine mesure – bien qu'elles diffèrent en divers points de technicité et de traitement de l'espace scénique – l'équivalent des séries de science-fiction anglaises de Gerry et Sylvia Anderson : Supercar (1961-62), Fusée XL5 (1962-63), L'Escadrille sous-marine (1964-65), Les Sentinelles de l'air (1965-66) diffusée au Japon sur NHK à partir du 10 avril 1966, Capitaine Scarlet (1967-68) et Joe 90 (1968-69), elles aussi ayant marqué la même décennie.
Kinosuke Takeda concevra également des marionnettes pour une autre création d'Osamu Tezuka avec la série Pururu-kun (NHK Educational, 1973-76) dans la programmation Yôchien Hoikujo no Jikan (Jardin d'enfants, le temps de la maternelle), celle-ci contant les aventures d'une petite fille vivant avec ses amis (un petit tigre, un petit singe) et sa maman sur une île.
Ajoutons encore que juste avant de travailler sur Meiji Haru Aki, le Théâtre de Marionnettes Takeda concevait une autre œuvre d'une grande beauté et tout aussi remarquable, tant du point de vue des décors que des marionnettes conçues par Kinosuke Takeda. Intitulée Kurohime Monogatari (Le Conte de la Princesse Kuro), il s'agissait d'un moyen métrage spécialement créé pour être diffusé sur la NHK le jour de l'An en 1968. Longtemps resté introuvable dans les archives de la chaîne, c'est finalement la marionnettiste Tomoko Suzuki qui manipula des marionnettes sur ces deux films qui retrouva vers 2019 dans ses archives personnelles une bande vidéo où figurait Kurohime Monogatari. Les images de cette œuvre ont ainsi pu être restaurées.
On notera encore que, outre des représentations données sur le territoire de l'Hexagone mais aussi en d'autres pays entre 1972 et 1979 (Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières), le Théâtre de Marionnettes Takeda fut présenté en 1969 dans la série française de documentaires Le Tour du Monde des Marionnettes et le documentaire Rites et jeux : marionnettes d'Orient et d'Occident réalisés par les grands marionnettistes Philippe Genty et Yves Brunier suite à leur périple autour du monde pour faire en quelque sorte un état des lieux d'alors des marionnettes de toutes origines. Lors de l'évocation du théâtre de marionnettes Takeda, le commentateur prête à l'un des artistes de la compagnie donnant un conseil à un élève le propos suivant « Tu commenceras par travailler avec tes doigts, puis avec tes mains, tu travailleras avec ton bras mais on ne t'appellera marionnettiste que lorsque tu travailleras avec ton cœur ».
Tout le long de sa carrière, aussi bien scénique que télévisuelle, Kinosuke Takeda aura perfectionné son art tout en douceur, conservant avec respect la nature traditionnelle de celui-ci. Après sa mort en 1979 survenue à l'âge de 56 ans dans un accident alors qu'il se déplaçait en motocyclette, le Théâtre de Marionnettes Takeda s'éteignit lui aussi dans le courant de la décennie suivante. Toutefois Sennosuke Takeda se chargea d'honorer la mémoire de la compagnie tokyoïte et celle de Kinosuke Takeda en s'installant à Iida, près de Nagano (Iida d'où il est originaire, ville dite des théâtres de marionnettes jumelée à Charleville-Mézières, autre lieu phare français en cet art). Il participera ainsi à partir de 1990 à la création du Musée International de la marionnette à fils Sennosuke Takeda et dans le même temps à la création d'une petite scène pour faire revivre pour le jeune public les marionnettes et l'esprit du théâtre Takeda (dans cette même ville de Iida se trouve un autre musée consacré au maître de l'animation de poupées et figurines Kihachirô Kawamoto).
En 1968, le film Meiji Haru Aki n'a pas connu de sortie nationale au cinéma, seulement quelques projections spéciales, ce qui en a fait au cours des décennies suivantes une oeuvre d'une grande rareté. Toutefois, depuis l'existence du Musée International de la marionnette à fils Sennosuke Takeda consacré au Théatre de Marionnettes Takeda, quelques projections du film ont eu lieu. De même, le film fut projeté lors de la 29ème édition du Festival de Marionnettes de Kinosuke dans la ville de Setouchi, préfecture d'Okayama, en 2017 (festival rendant hommage à Kinosuke Takeda originaire de Setouchi), et ce avec la présence de la marionnettiste Tomoko Suzuki qui manipula des marionnettes sur ce film. Il fut encore projeté en 2018, pour le 150ème anniversaire de l'ère Meiji, et ce dans l'auditorium de l'école primaire Chihaya-Akasaka, bâtiment construit en 1897 dans le village de Chihaya-Akasaka, préfecture d'Osaka, puis démonté et reconstruit au musée Meiji-mura.
Crédits
Auteur : Captain Jack
Meiji Haru Aki © Tsuruo Andô / Hakubutsukan Meiji-mura, Takeda Ningyô-za