InéditAnimentary - Ketsudan
Animentary - Ketsudan
1971
26 x 25 minutes
Synopsis
La Guerre du Pacifique nous est ici contée de son début le 8 décembre 1941 avec l'attaque de Pearl Harbor par les Japonais à sa fin le 15 août 1945 où le Japon a capitulé face aux Etats-Unis d'Amérique.
Fiche technique
Nom original
Animentary - Ketsudan (アニメンタリー決断)
Animentaire - Décision
Année de production
1971
Production
Nombre d'épisodes
26 x 25 minutes
Auteur
Noboru Kojima historien
Production
Supervision
Scénarii
Direction technique
Animation
Takashi Saijô, Masami Suda, Tsunenaka Nozaki, Ippei Kuri, Sumio Uchino, Yoshitaka Amano sous le nom Yonosuke Shichinohe, Norio Hirayama, Yoshimasa Iiyama, Shigeru Katô, Akio Kikuchi, Ichirô Kimura, Tomonori Kogawa, Yoshiyuki Kumao, Kazuomi Mime, Shirô Murata, Kiyoshi Takagi, Eiji Tanaka, Kôji Sugii, Jirô Tsuno
Effets Spéciaux
Planning
Chara-Design
Mecha-Design
Direction de l'animation
Direction artistique
Décors
Masahiro Ioka 7-1 Workshop, Shichirô Kobayashi Kobayashi Productions, Mitsuki Nakamura, Nobuto Sakamoto, Tatsuo Imamura, Tsuyoshi Watanabe
Direction photographie
Musiques
Nobuyoshi Koshibe, Yûji Koseki génériques
Gén. VO interpreté par
Commentaires
La série d'animation japonaise qui nous intéresse ici à pour nom Animentary - Ketsudan : « Animentary » étant la contraction de « Animentaire » pour « Documentaire d'Animation » et « Ketsudan » signifiant « Décision ». Elle fut diffusée du 3 avril 1971 au 18 septembre suivant, le samedi de 19h30 à 20h00 sur Nippon TV, cumulant 25 épisodes. Ainsi, comme cette traduction du titre l'indique « Animentaire - Décision », cette série d'animation n'est en rien une série de fiction, mais bien une série de documentaires retraçant les divers évènements et surtout les grandes opérations militaires de la Guerre du Pacifique ayant opposé l'un des pays de l'Axe, le Japon, aux forces militaires Alliées avec les Etats-Unis, l'Angleterre, l'Australie et quelques autres. Les scénarios s'inscrivaient dans une forme didactique, respectant les faits historiques, tout en ajoutant aux dialogues quelques éléments de mise en scène originaux, telle une conversation entre un supérieur et ses soldats, montrant aux travers de leurs paroles « l'héroïsme » qui en découlait, et cela aussi bien pour les américains que pour les japonais. On pourrait par ailleurs ajouter que la forme adoptée se rapprochait quelque peu de celle utilisée un an plus tôt par Richard Fleischer et Kinji Fukasaku sur le long-métrage Tora Tora Tora.
Ainsi, tout au long des épisodes, nous sera relatée l'Histoire de la Guerre du Pacifique, de son début le 8 décembre 1941 avec l'attaque surprise de Pearl Harbor (1er épisode), à sa fin le 15 août 1945 avec la capitulation du Japon (25ème épisode). Entre les deux, nombre d'opérations militaires alors opérées seront retracées comme la bataille de Midway en juin 1942 (2ème et 3ème épisode) relatant après la première aventure, la première mésaventure de la marine japonaise, puis l'occupation de la Malaisie (4ème épisode), la prise aux anglais de Singapour en février 1942 (5ème épisode), la prise de Hong Kong en décembre 1941 (6ème épisode), les batailles en mer de Malaisie (7ème épisode), la bataille de la Mer de Corail en mai 1942 (8ème épisode), l'invasion des l'îles de Java, Philippines et Batam (9ème, 10ème et 11ème épisode), les manœuvres du sous-marin I-168 (12ème épisode, navire dont fait référence le 13ème épisode de la série Albator, le Corsaire de l'Espace), puis les batailles des îles Salomon dont Guadalcanal entre août 1942 et février 1943, mais particulièrement la première sur l'île de Savo, et qui mettra fin à l'expansionnisme japonais (13ème épisode). Le 14ème épisode, lui, s'intéressait plus particulièrement à un héros de l'aviation japonaise, le lieutenant colonel Tateo Katô (1903-1942) et son escadron de Faucons Pèlerins (Ki-43, Hayabusa) : le cinéma, de par la Toho, s'appropriera très tôt les « exploits » de ce militaire mort au combat, dès mars 1944, dans L'Escadrille des faucons de Katô / Katô Hayabusa Sentô-tai (Kato's Perigrine Falcon Squadron) réalisé par Kajiro Yamamoto (maître de Kurosawa), assisté de Ishirô Honda, avec des effets spéciaux de Eiji Tsuburaya (Godzilla, Ultraman), et avec Susumu Fujita dans le rôle du lieutenant colonel Tateo Katô. Suivront les raids aériens américains sur les bases japonaises de Rabaul, sur l'île de la Nouvelle-Bretagne (15ème épisode), le retrait des troupes japonaises, le 31 juillet 1943, de l'île de Kiska dans les Aléoutiennes (16ème épisode), la naissance du premier corps de kamikazes, unités d'attaques spéciales japonaises, en 1944 (17ème épisode), la mort de l'Amiral Yamamoto le 18 avril 1943, après avoir pris son envol de Rabaul (18ème épisode), l'action se déplaçant ensuite de Pointe Lunga à Guadalcanal, et à la bataille près des îles Marianne dans les Philippines les 19 et 20 juin 1944, où sera pris au japonais le 24 juillet 1944 l'île de Tinian d'où partira l'Enola Gay le 6 août 1945 (19ème et 20ème épisode), et la bataille du Golfe de Leyte aux Philippines, du 23 au 27 octobre 1944 (21ème et 22ème épisode). Puis le 8 juin 1944, le général Tadamichi Kuribayashi est appelé à défendre Iwo Jima alias l'Île du Souffre dans l'archipel d'Ogasawara, ce qu'il fera du 19 février au 26 mars 1945, ce faisant seppuku après sa défaite (23ème épisode). Ensuite, le 24ème épisode sera consacré à la fin de la flotte japonaise et plus particulièrement à celle du cuirassé Yamato en avril 1945. Enfin, le 25ème épisode qui concernera l'ultime décision menant à la capitulation du Japon le 10 août 1945 et signée le 2 septembre suivant, présentera Hiroshi Shimomura (1875-1957), le ministre d'État préparant la reddition du Japon et le discourt radiophonique de l'empereur l'annonçant le 15 août 1945, tout en évoquant très légèrement les deux bombardements atomiques du 6 et 9 août 1945.
Il y eu un 26ème épisode (en prise de vue directe), le 25 septembre 1971, mais bien qu'il fut inclus dans la programmation, il n'avait que peu de rapport avec la série puisqu'il mettait en scène un célèbre joueur de base-ball, Tetsuharu Kawakami, qui officia avant guerre pour l'équipe des Tôkyô Giants et après guerre pour les Yomiuri Giants, qui est en fait la même et célèbre équipe qui a entre temps changé de nom et qui officie depuis 1934 au fameux stade du Tôkyô Dome.
La nomination du titre principal de la série Ketsudan / Décision, est particulièrement juste et résume avec précision ce qui était au cœur du conflit. En effet, tous les choix, toutes les tactiques militaires, les moindres mouvements ou autres faits et gestes de milliers de soldats de part et d'autre, n'étaient le fait que de décisions de quelques hommes. Cela souligne parfaitement, dans les grandes lignes, que ce n'était donc pas en premier lieu les forces destinées à combattre qui étaient la clé de la victoire, mais bien les tactiques utilisées. A cet égard, la série met pleinement en scène les militaires recherchant les stratégies à adopter, réfléchissant sur leurs portées et leurs éventuels résultats.
Comme nous sommes ici face à une œuvre télévisée, on ne peut nier l'effet pictural sur un tel sujet. Effet qui ne peut tendre par définition, qu'à rendre esthétique un tel univers, comme le fait la plupart des films de guerre. Car si le fond se veut assimilable à un documentaire (même si la série touche également au divertissement), l'image créée ne peut qu'être magnifiée, au contraire d'un véritable documentaire qui ne montre qu'une suite d'images réelles, sans volonté artistique voulue ou prononcée. C'est donc la Tatsunoko qui se chargea de la partie graphique avec au character design Tatsuo Yoshida (Speed Racer, Demetan, Gatchaman) et à la direction de l'animation Sadao Miyamoto (Prince Saphir, Gatchaman). Pour les nombreuses apparitions d'armements, avions, bâtiments de la marine, tanks et autres merveilleuses inventions de destruction, quelques illustrateurs et designer en mécanique opérèrent telles Akiyoshi Fumio, Hidemitsu Arimoto, Ichiro Kiuchi et Kenji Ikeda (ils ont beaucoup œuvré dans le domaine des livres illustrés consacrés au trains, bus, voitures, avions...), avec également Nakamura Mitsuki (Judo Boy, Demetan, Nausicaä) et Arai Torao (Judo Boy, Lamu, Gigi) à la direction de ces représentations très réalistes, détaillées et magnifiquement animées, notamment par Masami Suda qui parviendra a donner une grande fluidité aux voltiges aériennes, non sans se surmener comme une grande partie de l'équipe, cette série ayant demandé à la Tatsunoko des efforts bien plus importants du point de vue artistique et des effets spéciaux que lors de leurs précédentes productions et dont bénéficiera peu après la célèbre série Gatchaman. L'animation des personnages, elle, était tout de même beaucoup plus limitée que la moyenne des séries qui lui était contemporaine, cela étant dû à la difficulté d'animer des personnages aux traits trop détaillés. C'était un choix qui n'enlevait en rien à la qualité de la réalisation, à la fois sobre, mais aussi plus démonstrative lors des combats avec moult effets pyrotechniques particulièrement réussis lors des tirs ou explosions d'engins et touchant au réalisme de guerre. Tout cela fut orchestré par Ippei Kuri à la direction des opérations et Kenji Yoshida à la production. Pour ce qui était des scénarii et des transpositions historiques, chaque partie était supervisée par l'écrivain, historien et spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, Noboru Kojima (1927-2001). A cet égart, cela fut quelque peu compliqué de choisir la direction a donné à la série entre l'historien et les scénaristes : soit la porter vers une dramatisation de l'Histoire ou seulement relater les faits historiques. Finalement le format du documentaire sera accompagné de certains effets de dramatisation, et pour appuyer encore plus l'identité historique de cette œuvre des images et films d'archives seront insérés dans les épisodes dans la seconde moitié de la série. La musique était également importante : elle fut composée par Koshibe Nobuyoshi (Speed Racer, Judo Boy, Demetan) qui reprendra et utilisera également des chants militaires au sein de sa partition. A ce titre, les génériques de début et de fin (interprétés par Kazuyuki Miki et le Chœurs des Hommes de Columbia / Columbia Dansei Gasshou-dan) était composé par Yuki Koseki (1909-1989) qui dans les près de 5 000 pièces musicales en tous genres qu'il créa figurent quelques chants militaires qu'il composa pendant la guerre.
A la base, l'idée de produire une telle série d'animation vient d'une commande de la brasserie Sapporo Beer et de certains de ses dirigeants qui étaient d'anciens combattants de l'armée impériale japonaise (la brasserie avait déjà été le sponsor de Tatsunoko pour la série Le Petit Prince Orphelin). Cette série, au contraire de certains travaux sous forme de manga publiés à partir des années 1990 (voir particulièrement ceux de Yoshinori Kobayashi), n'était en rien révisionniste, mais se basait respectueusement sur les faits historiques. Le terme révisionniste qui signifie : nier des évènements qui se sont déroulés ou nier la façon dont se sont déroulés certains évènements, n'a que peu de rapport avec l'Histoire, dans le contexte scientifique du terme. Il faut ajouter que l'Histoire de la Seconde Guerre mondiale que nous connaissions il y a plusieurs décennies n'est plus là même que celle que l'on relate actuellement. L'Histoire est une perpétuelle redécouverte, tout comme le sont une grande partie des sciences. Ainsi, pour exemple, pour certains japonais, le sentiment que leur pays n'a pas perdu la guerre n'est en rien révisionniste, même si cela peu paraître des plus absurdes et l'est pour ceux qui en ont souffert, mais peu s'expliquer assez simplement de la manière suivante : un voleur ayant amassé un butin des plus considérables, le cache avant de se faire arrêter. Il purge sa peine de prison puis, à sa libération, il va sans problème récupérer son butin. C'est ce qui c'est passé avec le Japon, à la petite différence que le trésor de guerre japonais récolté sur les divers pays du continent n'a jamais été restitué à ses possesseurs, mais fut en partie partagé en commun accord avec les Etats-Unis d'Amérique qui reconnaissent depuis la fin du 20ème siècle l'avoir utilisé pour subventionner la Guerre Froide. Soulignons tout de même que les auteurs de cette série, sans être aucunement révisionniste, gardaient en eux quelques idées militaristes et certaines vues historiques biaisées par des sentiments nationalistes. En effet, pour prendre un exemple frappant, on peut voir dans le 6ème épisode consacré à la prise de Hong Kong – qui débuta le même jour que l'attaque de Pearl Harbor – que l'armée impériale japonaise est présentée comme une force militaire libératrice de l'Asie. A propos de Pear Harbor, l'amiral Isoroku Yamamoto qui lança cette attaque est qualifié au travers des propos d'un soldat de dieu dans le 18ème épisode consacré à la mort de cet officier (est-ce le soldat ou l'historien qui le nomme ainsi ?). De même, bien qu'évoqué dans le dernier épisode (son discourt à la radio), rien n'est dit sur l'empereur Hirohito (Shôwa Tennô, 1901-1989), et surtout pas sur sa part de responsabilité dans l'horreur de cette guerre. On pourra également s'étonner qu'un épisode n'a pas été consacré exclusivement aux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki : la série présentait essentiellement les opérations militaires historiques et c'est pourquoi tout ce qui concernait la population civile japonaise (ou autres) n'entrait pas dans le cadre de cette œuvre.
L'animation japonaise évoquait alors assez peu le second conflit mondial et encore moins de manière aussi directe et importante. On notera tout de même que le sujet de la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement celui de la Guerre du Pacifique, avait déjà été traité sept ans plus tôt par le média de l'animation japonaise télévisée, certes sous la forme d'une fiction, mais qui n'en avait pas moins de grandes qualités historiques. Ainsi, après quelques manga qui avaient mis en scène cette guerre dont certains de Ippei Kuri, le conflit fut traité dans une série d'animation à partir du mardi 21 janvier 1964 par le biais de Fuji TV. Il s'agissait de la série 0-sen Hayato (38 épisodes), adaptant le manga de Naoki Tsuji (Tiger Mask), dont l'action se déroulait de 1942 à 1943. Cette série, produite par le studio P Production, contait les aventures d'un escadron de l'armée de l'air japonaise où officiait un jeune pilote, Hayato Azuma, descendant du clan des ninja de Iga. Son périmètre d'animation se concentrait sur les évènements liés aux manœuvres aériennes, mais s'intéressait également aux personnalités différentes de ses protagonistes, certains étant plus enclin à tuer que d'autres. La série d'animation Cyborg 009 de Shôtarô Ishinomori évoquera également la Guerre du Pacifique en 1968, notamment dans son 16ème épisode intitulé « Les fantômes du passé ». Puis, après 1974, et l'arrivée de la saga « Uchû Senkan Yamato » faisant revivre dans une aventure spatiale le cuirassé Yamato de la marine impériale japonaise (coulé le 7 avril 1945), les références à cette guerre deviendront bien plus nombreuses et beaucoup plus critiques envers le gouvernement...
S'il est désormais possible de posséder et de visionner la série Animentary - Ketsudan dans l'hexagone via l'import, on notera toutefois que le public français avait déjà eu, très tôt, connaissance de quelques scènes animées de cette série. En effet, le documentaire Kashima Paradise : Japon, 1970-1971, dont le tournage fut effectué dans les années précitées, puis sorti sur les écrans en octobre 1974, en proposait quelques extraits. Ce film, réalisé par Yann Le Masson et Bénie Deswarte (sociologue et japonisante), présentait sous les commentaires écrits par Chris Marker (La Jetée, Sans Soleil, A.K.), principalement deux lieux représentant la modernisation du Japon en opposition avec un autre visage de l'Archipel. Le premier de ces lieux, l'immense complexe sidérurgique (Sumitomo) et pétrochimique (Mitsubishi) de Kashima qui se créera en gagnant quelque peu sur la mer, engendrant un nouveau port, et dont les contestations auxquelles il donnera naissance porteront à la fois sur la façon de procéder de cette entreprise ayant acheté aux paysans les terrains qu'ils occupaient, ainsi que sur la pollution importante qu'elle produira. Le second de ces lieux, à 50km de là, à Narita, étant un immense aéroport international en cours de construction, et ce sous la très forte opposition des paysans se refusant à vendre leurs terres pour cet ouvrage. Tous cela imbriqué dans les différents mouvements politiques, les manifestations contre le renouvellement du Traité nippo-américain (dont le cinéma se fera l'écho à l'époque, avec par exemple Sex Jack de Koji Wakamatsu), ainsi que la notion de Giri, étant comme le monstre de métal de Kashima, aussi inflexible.
La scène où l'on peut voir quelques images de la série Animentary - Ketsudan pourrait paraitre anodine, mais elle semble au vue du sujet évoqué souligner la violence qui se dégagera de certaines manifestations, surtout à Narita. Cette scène arrive après les quinze premières minutes de prises de vues très bruyantes du métrage. En effet, quittant la ville, nous nous retrouvons au paisible village de Takei, dans la résidence de Zenzaemon, un homme ayant repris la ferme dont s'occupait avant lui son père. On apprendra sa difficulté à produire une récolte faite entre autre de riz, d'orge et de blé, face à l'influence du complexe industriel de Kashima, situé à 15 km de là. On notera que le téléviseur reste allumé pendant le tournage de ces scènes, comme si sa lumière dispensait un apport d'éclairage telle une lanterne, pour combler peut-être également un certain vide.
Toujours à l'intérieur du poste de télévision filmé, les réalisateurs de Kashima Paradise : Japon, 1970-1971 laisseront passer deux publicités avec un acteur, et non des moindres, Toshirô Mifune. Celui-ci ventait les qualités de la bière de Sapporo, l'entreprise de cette boisson étant comme souligné plus haut le sponsor de Animentary Ketsudan. Ces publicités ouvraient et fermaient l'extrait de la série d'animation.
On pouvait voir également dans le documentaire, pendant la manifestation du 1er mai au début du film, suivant la visite de l'Exposition Universelle, une bannière à l'effigie de Joe Yabuki du manga Ashita no Joe. Celui-ci était un personnage ayant fortement marqué la jeunesse de l'époque, et encore plus avec son adaptation en série d'animation à partir de 1970. Son image fut alors quelque peu détourné par certains, comme un support à quelques slogans politiques et idéalistes. Un phénomène assez similaire avait également eu lieu en France en 1969, suite à la diffusion du feuilleton télévisé Jacquou le Croquant réalisé par Stellio Lorenzi, adaptant le roman de Eugène Le Roy. Ce personnage qui se révoltera 30 ans après la Révolution Française, contre les injustices que cette dernière n'avait en rien changées, inspirera les manifestations paysannes de l'époque, et dont les acteurs se réclamaient être des Jacquou, avec des slogans tels que « Jacquou n'est pas mort ». Manifestations parfois très violentes qui avaient commencé au début des années 60 et ayant opposé agriculteurs et CRS, comme à Quimper en 1967. La source de ces manifestations était la même qu'à Kashima, à savoir la modernisation, où plutôt une modernisation aveugle qui ne prenait pas en compte ce qui existait déjà.
Kashima Paradise montre ainsi, quelque peu, que l'image médiatique avait un rôle important dans ces évènements, surtout à Narita ou la violence présente fut couverte par les chaînes de télévision. Aussi, dès le début du film, les images nous montrent quelques lieux filmés à l'Exposition Universelle d'Osaka de 1970. Cette dernière tournée vers le futur jouait beaucoup sur les images perçues par le public, que ce soit pour certaines représentations idéalisées, quelques effets spéciaux, couverts par un commentaire rassurant et promettant un futur radieux grâce à son industrie. La modernisation du Japon d'alors était peut être assimilée pour certains, comme un conflit déstabilisant les fondations de leur vie, comme la guerre le fut 25 ans plus tôt. A cet égard, à Narita, certains chants de combattants se feront entendre. On notera également, comme ce fut le cas ailleurs, que Kashima transforma les villages alentour en une agglomération de plus de 200 000 habitants en trois décennies, balayant quelque peu les différentes activités économiques en une seule, celle du complexe. Tout comme pendant la guerre, les paysans ont encore perdu et les grands industriels ont malgré tout réussi à s'imposer.
Alors que les manifestations contre la pollution se faisaient entendre en 1971, quinze ans après les premières victimes de Minamata, premier lieu de pollution au Japon (dont on verra dans le documentaire quelques contaminés), la même année, un certain Spectreman combattait sur le petit écran les monstres nés de cette pollution...
En juin 2005, au Japon, pour marquer le 60ème anniversaire de la fin du conflit, cette série alors âgée de 34 années eu les honneurs d'une sortie en DVD. Le 26ème épisode qui n'a que peu de rapport avec la série et dont les droits diffèrent ne fut pas présent sur cette édition (peut-être qu'il n'a pas été conservé) comme il ne le sera pas en 2015 lors de la publication de la série en Blu-ray.
Ainsi, tout au long des épisodes, nous sera relatée l'Histoire de la Guerre du Pacifique, de son début le 8 décembre 1941 avec l'attaque surprise de Pearl Harbor (1er épisode), à sa fin le 15 août 1945 avec la capitulation du Japon (25ème épisode). Entre les deux, nombre d'opérations militaires alors opérées seront retracées comme la bataille de Midway en juin 1942 (2ème et 3ème épisode) relatant après la première aventure, la première mésaventure de la marine japonaise, puis l'occupation de la Malaisie (4ème épisode), la prise aux anglais de Singapour en février 1942 (5ème épisode), la prise de Hong Kong en décembre 1941 (6ème épisode), les batailles en mer de Malaisie (7ème épisode), la bataille de la Mer de Corail en mai 1942 (8ème épisode), l'invasion des l'îles de Java, Philippines et Batam (9ème, 10ème et 11ème épisode), les manœuvres du sous-marin I-168 (12ème épisode, navire dont fait référence le 13ème épisode de la série Albator, le Corsaire de l'Espace), puis les batailles des îles Salomon dont Guadalcanal entre août 1942 et février 1943, mais particulièrement la première sur l'île de Savo, et qui mettra fin à l'expansionnisme japonais (13ème épisode). Le 14ème épisode, lui, s'intéressait plus particulièrement à un héros de l'aviation japonaise, le lieutenant colonel Tateo Katô (1903-1942) et son escadron de Faucons Pèlerins (Ki-43, Hayabusa) : le cinéma, de par la Toho, s'appropriera très tôt les « exploits » de ce militaire mort au combat, dès mars 1944, dans L'Escadrille des faucons de Katô / Katô Hayabusa Sentô-tai (Kato's Perigrine Falcon Squadron) réalisé par Kajiro Yamamoto (maître de Kurosawa), assisté de Ishirô Honda, avec des effets spéciaux de Eiji Tsuburaya (Godzilla, Ultraman), et avec Susumu Fujita dans le rôle du lieutenant colonel Tateo Katô. Suivront les raids aériens américains sur les bases japonaises de Rabaul, sur l'île de la Nouvelle-Bretagne (15ème épisode), le retrait des troupes japonaises, le 31 juillet 1943, de l'île de Kiska dans les Aléoutiennes (16ème épisode), la naissance du premier corps de kamikazes, unités d'attaques spéciales japonaises, en 1944 (17ème épisode), la mort de l'Amiral Yamamoto le 18 avril 1943, après avoir pris son envol de Rabaul (18ème épisode), l'action se déplaçant ensuite de Pointe Lunga à Guadalcanal, et à la bataille près des îles Marianne dans les Philippines les 19 et 20 juin 1944, où sera pris au japonais le 24 juillet 1944 l'île de Tinian d'où partira l'Enola Gay le 6 août 1945 (19ème et 20ème épisode), et la bataille du Golfe de Leyte aux Philippines, du 23 au 27 octobre 1944 (21ème et 22ème épisode). Puis le 8 juin 1944, le général Tadamichi Kuribayashi est appelé à défendre Iwo Jima alias l'Île du Souffre dans l'archipel d'Ogasawara, ce qu'il fera du 19 février au 26 mars 1945, ce faisant seppuku après sa défaite (23ème épisode). Ensuite, le 24ème épisode sera consacré à la fin de la flotte japonaise et plus particulièrement à celle du cuirassé Yamato en avril 1945. Enfin, le 25ème épisode qui concernera l'ultime décision menant à la capitulation du Japon le 10 août 1945 et signée le 2 septembre suivant, présentera Hiroshi Shimomura (1875-1957), le ministre d'État préparant la reddition du Japon et le discourt radiophonique de l'empereur l'annonçant le 15 août 1945, tout en évoquant très légèrement les deux bombardements atomiques du 6 et 9 août 1945.
Il y eu un 26ème épisode (en prise de vue directe), le 25 septembre 1971, mais bien qu'il fut inclus dans la programmation, il n'avait que peu de rapport avec la série puisqu'il mettait en scène un célèbre joueur de base-ball, Tetsuharu Kawakami, qui officia avant guerre pour l'équipe des Tôkyô Giants et après guerre pour les Yomiuri Giants, qui est en fait la même et célèbre équipe qui a entre temps changé de nom et qui officie depuis 1934 au fameux stade du Tôkyô Dome.
La nomination du titre principal de la série Ketsudan / Décision, est particulièrement juste et résume avec précision ce qui était au cœur du conflit. En effet, tous les choix, toutes les tactiques militaires, les moindres mouvements ou autres faits et gestes de milliers de soldats de part et d'autre, n'étaient le fait que de décisions de quelques hommes. Cela souligne parfaitement, dans les grandes lignes, que ce n'était donc pas en premier lieu les forces destinées à combattre qui étaient la clé de la victoire, mais bien les tactiques utilisées. A cet égard, la série met pleinement en scène les militaires recherchant les stratégies à adopter, réfléchissant sur leurs portées et leurs éventuels résultats.
Comme nous sommes ici face à une œuvre télévisée, on ne peut nier l'effet pictural sur un tel sujet. Effet qui ne peut tendre par définition, qu'à rendre esthétique un tel univers, comme le fait la plupart des films de guerre. Car si le fond se veut assimilable à un documentaire (même si la série touche également au divertissement), l'image créée ne peut qu'être magnifiée, au contraire d'un véritable documentaire qui ne montre qu'une suite d'images réelles, sans volonté artistique voulue ou prononcée. C'est donc la Tatsunoko qui se chargea de la partie graphique avec au character design Tatsuo Yoshida (Speed Racer, Demetan, Gatchaman) et à la direction de l'animation Sadao Miyamoto (Prince Saphir, Gatchaman). Pour les nombreuses apparitions d'armements, avions, bâtiments de la marine, tanks et autres merveilleuses inventions de destruction, quelques illustrateurs et designer en mécanique opérèrent telles Akiyoshi Fumio, Hidemitsu Arimoto, Ichiro Kiuchi et Kenji Ikeda (ils ont beaucoup œuvré dans le domaine des livres illustrés consacrés au trains, bus, voitures, avions...), avec également Nakamura Mitsuki (Judo Boy, Demetan, Nausicaä) et Arai Torao (Judo Boy, Lamu, Gigi) à la direction de ces représentations très réalistes, détaillées et magnifiquement animées, notamment par Masami Suda qui parviendra a donner une grande fluidité aux voltiges aériennes, non sans se surmener comme une grande partie de l'équipe, cette série ayant demandé à la Tatsunoko des efforts bien plus importants du point de vue artistique et des effets spéciaux que lors de leurs précédentes productions et dont bénéficiera peu après la célèbre série Gatchaman. L'animation des personnages, elle, était tout de même beaucoup plus limitée que la moyenne des séries qui lui était contemporaine, cela étant dû à la difficulté d'animer des personnages aux traits trop détaillés. C'était un choix qui n'enlevait en rien à la qualité de la réalisation, à la fois sobre, mais aussi plus démonstrative lors des combats avec moult effets pyrotechniques particulièrement réussis lors des tirs ou explosions d'engins et touchant au réalisme de guerre. Tout cela fut orchestré par Ippei Kuri à la direction des opérations et Kenji Yoshida à la production. Pour ce qui était des scénarii et des transpositions historiques, chaque partie était supervisée par l'écrivain, historien et spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, Noboru Kojima (1927-2001). A cet égart, cela fut quelque peu compliqué de choisir la direction a donné à la série entre l'historien et les scénaristes : soit la porter vers une dramatisation de l'Histoire ou seulement relater les faits historiques. Finalement le format du documentaire sera accompagné de certains effets de dramatisation, et pour appuyer encore plus l'identité historique de cette œuvre des images et films d'archives seront insérés dans les épisodes dans la seconde moitié de la série. La musique était également importante : elle fut composée par Koshibe Nobuyoshi (Speed Racer, Judo Boy, Demetan) qui reprendra et utilisera également des chants militaires au sein de sa partition. A ce titre, les génériques de début et de fin (interprétés par Kazuyuki Miki et le Chœurs des Hommes de Columbia / Columbia Dansei Gasshou-dan) était composé par Yuki Koseki (1909-1989) qui dans les près de 5 000 pièces musicales en tous genres qu'il créa figurent quelques chants militaires qu'il composa pendant la guerre.
A la base, l'idée de produire une telle série d'animation vient d'une commande de la brasserie Sapporo Beer et de certains de ses dirigeants qui étaient d'anciens combattants de l'armée impériale japonaise (la brasserie avait déjà été le sponsor de Tatsunoko pour la série Le Petit Prince Orphelin). Cette série, au contraire de certains travaux sous forme de manga publiés à partir des années 1990 (voir particulièrement ceux de Yoshinori Kobayashi), n'était en rien révisionniste, mais se basait respectueusement sur les faits historiques. Le terme révisionniste qui signifie : nier des évènements qui se sont déroulés ou nier la façon dont se sont déroulés certains évènements, n'a que peu de rapport avec l'Histoire, dans le contexte scientifique du terme. Il faut ajouter que l'Histoire de la Seconde Guerre mondiale que nous connaissions il y a plusieurs décennies n'est plus là même que celle que l'on relate actuellement. L'Histoire est une perpétuelle redécouverte, tout comme le sont une grande partie des sciences. Ainsi, pour exemple, pour certains japonais, le sentiment que leur pays n'a pas perdu la guerre n'est en rien révisionniste, même si cela peu paraître des plus absurdes et l'est pour ceux qui en ont souffert, mais peu s'expliquer assez simplement de la manière suivante : un voleur ayant amassé un butin des plus considérables, le cache avant de se faire arrêter. Il purge sa peine de prison puis, à sa libération, il va sans problème récupérer son butin. C'est ce qui c'est passé avec le Japon, à la petite différence que le trésor de guerre japonais récolté sur les divers pays du continent n'a jamais été restitué à ses possesseurs, mais fut en partie partagé en commun accord avec les Etats-Unis d'Amérique qui reconnaissent depuis la fin du 20ème siècle l'avoir utilisé pour subventionner la Guerre Froide. Soulignons tout de même que les auteurs de cette série, sans être aucunement révisionniste, gardaient en eux quelques idées militaristes et certaines vues historiques biaisées par des sentiments nationalistes. En effet, pour prendre un exemple frappant, on peut voir dans le 6ème épisode consacré à la prise de Hong Kong – qui débuta le même jour que l'attaque de Pearl Harbor – que l'armée impériale japonaise est présentée comme une force militaire libératrice de l'Asie. A propos de Pear Harbor, l'amiral Isoroku Yamamoto qui lança cette attaque est qualifié au travers des propos d'un soldat de dieu dans le 18ème épisode consacré à la mort de cet officier (est-ce le soldat ou l'historien qui le nomme ainsi ?). De même, bien qu'évoqué dans le dernier épisode (son discourt à la radio), rien n'est dit sur l'empereur Hirohito (Shôwa Tennô, 1901-1989), et surtout pas sur sa part de responsabilité dans l'horreur de cette guerre. On pourra également s'étonner qu'un épisode n'a pas été consacré exclusivement aux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki : la série présentait essentiellement les opérations militaires historiques et c'est pourquoi tout ce qui concernait la population civile japonaise (ou autres) n'entrait pas dans le cadre de cette œuvre.
L'animation japonaise évoquait alors assez peu le second conflit mondial et encore moins de manière aussi directe et importante. On notera tout de même que le sujet de la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement celui de la Guerre du Pacifique, avait déjà été traité sept ans plus tôt par le média de l'animation japonaise télévisée, certes sous la forme d'une fiction, mais qui n'en avait pas moins de grandes qualités historiques. Ainsi, après quelques manga qui avaient mis en scène cette guerre dont certains de Ippei Kuri, le conflit fut traité dans une série d'animation à partir du mardi 21 janvier 1964 par le biais de Fuji TV. Il s'agissait de la série 0-sen Hayato (38 épisodes), adaptant le manga de Naoki Tsuji (Tiger Mask), dont l'action se déroulait de 1942 à 1943. Cette série, produite par le studio P Production, contait les aventures d'un escadron de l'armée de l'air japonaise où officiait un jeune pilote, Hayato Azuma, descendant du clan des ninja de Iga. Son périmètre d'animation se concentrait sur les évènements liés aux manœuvres aériennes, mais s'intéressait également aux personnalités différentes de ses protagonistes, certains étant plus enclin à tuer que d'autres. La série d'animation Cyborg 009 de Shôtarô Ishinomori évoquera également la Guerre du Pacifique en 1968, notamment dans son 16ème épisode intitulé « Les fantômes du passé ». Puis, après 1974, et l'arrivée de la saga « Uchû Senkan Yamato » faisant revivre dans une aventure spatiale le cuirassé Yamato de la marine impériale japonaise (coulé le 7 avril 1945), les références à cette guerre deviendront bien plus nombreuses et beaucoup plus critiques envers le gouvernement...
S'il est désormais possible de posséder et de visionner la série Animentary - Ketsudan dans l'hexagone via l'import, on notera toutefois que le public français avait déjà eu, très tôt, connaissance de quelques scènes animées de cette série. En effet, le documentaire Kashima Paradise : Japon, 1970-1971, dont le tournage fut effectué dans les années précitées, puis sorti sur les écrans en octobre 1974, en proposait quelques extraits. Ce film, réalisé par Yann Le Masson et Bénie Deswarte (sociologue et japonisante), présentait sous les commentaires écrits par Chris Marker (La Jetée, Sans Soleil, A.K.), principalement deux lieux représentant la modernisation du Japon en opposition avec un autre visage de l'Archipel. Le premier de ces lieux, l'immense complexe sidérurgique (Sumitomo) et pétrochimique (Mitsubishi) de Kashima qui se créera en gagnant quelque peu sur la mer, engendrant un nouveau port, et dont les contestations auxquelles il donnera naissance porteront à la fois sur la façon de procéder de cette entreprise ayant acheté aux paysans les terrains qu'ils occupaient, ainsi que sur la pollution importante qu'elle produira. Le second de ces lieux, à 50km de là, à Narita, étant un immense aéroport international en cours de construction, et ce sous la très forte opposition des paysans se refusant à vendre leurs terres pour cet ouvrage. Tous cela imbriqué dans les différents mouvements politiques, les manifestations contre le renouvellement du Traité nippo-américain (dont le cinéma se fera l'écho à l'époque, avec par exemple Sex Jack de Koji Wakamatsu), ainsi que la notion de Giri, étant comme le monstre de métal de Kashima, aussi inflexible.
La scène où l'on peut voir quelques images de la série Animentary - Ketsudan pourrait paraitre anodine, mais elle semble au vue du sujet évoqué souligner la violence qui se dégagera de certaines manifestations, surtout à Narita. Cette scène arrive après les quinze premières minutes de prises de vues très bruyantes du métrage. En effet, quittant la ville, nous nous retrouvons au paisible village de Takei, dans la résidence de Zenzaemon, un homme ayant repris la ferme dont s'occupait avant lui son père. On apprendra sa difficulté à produire une récolte faite entre autre de riz, d'orge et de blé, face à l'influence du complexe industriel de Kashima, situé à 15 km de là. On notera que le téléviseur reste allumé pendant le tournage de ces scènes, comme si sa lumière dispensait un apport d'éclairage telle une lanterne, pour combler peut-être également un certain vide.
Toujours à l'intérieur du poste de télévision filmé, les réalisateurs de Kashima Paradise : Japon, 1970-1971 laisseront passer deux publicités avec un acteur, et non des moindres, Toshirô Mifune. Celui-ci ventait les qualités de la bière de Sapporo, l'entreprise de cette boisson étant comme souligné plus haut le sponsor de Animentary Ketsudan. Ces publicités ouvraient et fermaient l'extrait de la série d'animation.
On pouvait voir également dans le documentaire, pendant la manifestation du 1er mai au début du film, suivant la visite de l'Exposition Universelle, une bannière à l'effigie de Joe Yabuki du manga Ashita no Joe. Celui-ci était un personnage ayant fortement marqué la jeunesse de l'époque, et encore plus avec son adaptation en série d'animation à partir de 1970. Son image fut alors quelque peu détourné par certains, comme un support à quelques slogans politiques et idéalistes. Un phénomène assez similaire avait également eu lieu en France en 1969, suite à la diffusion du feuilleton télévisé Jacquou le Croquant réalisé par Stellio Lorenzi, adaptant le roman de Eugène Le Roy. Ce personnage qui se révoltera 30 ans après la Révolution Française, contre les injustices que cette dernière n'avait en rien changées, inspirera les manifestations paysannes de l'époque, et dont les acteurs se réclamaient être des Jacquou, avec des slogans tels que « Jacquou n'est pas mort ». Manifestations parfois très violentes qui avaient commencé au début des années 60 et ayant opposé agriculteurs et CRS, comme à Quimper en 1967. La source de ces manifestations était la même qu'à Kashima, à savoir la modernisation, où plutôt une modernisation aveugle qui ne prenait pas en compte ce qui existait déjà.
Kashima Paradise montre ainsi, quelque peu, que l'image médiatique avait un rôle important dans ces évènements, surtout à Narita ou la violence présente fut couverte par les chaînes de télévision. Aussi, dès le début du film, les images nous montrent quelques lieux filmés à l'Exposition Universelle d'Osaka de 1970. Cette dernière tournée vers le futur jouait beaucoup sur les images perçues par le public, que ce soit pour certaines représentations idéalisées, quelques effets spéciaux, couverts par un commentaire rassurant et promettant un futur radieux grâce à son industrie. La modernisation du Japon d'alors était peut être assimilée pour certains, comme un conflit déstabilisant les fondations de leur vie, comme la guerre le fut 25 ans plus tôt. A cet égard, à Narita, certains chants de combattants se feront entendre. On notera également, comme ce fut le cas ailleurs, que Kashima transforma les villages alentour en une agglomération de plus de 200 000 habitants en trois décennies, balayant quelque peu les différentes activités économiques en une seule, celle du complexe. Tout comme pendant la guerre, les paysans ont encore perdu et les grands industriels ont malgré tout réussi à s'imposer.
Alors que les manifestations contre la pollution se faisaient entendre en 1971, quinze ans après les premières victimes de Minamata, premier lieu de pollution au Japon (dont on verra dans le documentaire quelques contaminés), la même année, un certain Spectreman combattait sur le petit écran les monstres nés de cette pollution...
En juin 2005, au Japon, pour marquer le 60ème anniversaire de la fin du conflit, cette série alors âgée de 34 années eu les honneurs d'une sortie en DVD. Le 26ème épisode qui n'a que peu de rapport avec la série et dont les droits diffèrent ne fut pas présent sur cette édition (peut-être qu'il n'a pas été conservé) comme il ne le sera pas en 2015 lors de la publication de la série en Blu-ray.
Liste des épisodes
02. Middôei kaisen, zenpen (La bataille de Midway, 1ère partie)
03. Middôei kaisen, kôhen (La bataille de Midway, 2ème partie)
04. Marê tosshin sakusen (Campagne de Malaisie)
05. Shingapôru kôryaku (La prise de Singapour)
06. Honkon kôryaku (La prise de Hong Kong)
07. Marê oki kaisen (La bataille de la Malaisie)
08. Sango umi kaisen (La bataille de la mer de Corail)
09. Jawa kôryaku (La prise de Java)
10. Kaigun rakkasan butai (Le corps des parachutistes de la marine impériale japonaise)
11. Batân korehidôru kôryaku (La prise de Battam et Corregidor)
12. Sensuikan I - 168 (Sous-marin I - 168)
13. Daiichi-ji Soromon kaisen (La première bataille des îles Salomon)
14. Katô hayabusa sentôtai (L'escadron des faucons de Katô)
15. Rabauru kôkûtai (L'unité aérienne de Rabaul)
16. Kisuka-jima tettai (L'opération de l'évacuation de l'île de Kiska)
17. Tokkôtai tanjô (La naissance des unités kamikazes)
18. Yamamoto Isoroku no shi (La mort de l'amiral Isoroku Yamamoto)
19. Runga oki yasen (La bataille navale de Lunga)
20. Mariana oki kaisen (La bataille de la mer des Philippines)
21. Reite oki kaisen, zenpen (La bataille du golfe de Leyte, 1ère partie)
22. Reite oki kaisen, kôhen (La bataille du golfe de Leyte, 2ème partie)
23. Iôjima sakusen (L'opération militaire d'Iwo Jima)
24. Rengô kantai no saigo (La fin de la flotte combinée)
25. Saigo no ketsudan (La décision finale)
26. Kawakami kantoku no ketsudan (La décision du manager Kawakami)
Crédits
Auteur : Captain Jack
Animentary - Ketsudan © Noboru Kojima / Tatsunoko