Les Fables Géométriques

Résumé complet

Les Fables Géométriques est l'adaptation très originale des célèbres fables de La Fontaine. En effet les textes du fabuliste sont ici pastichés par l'audacieux Pierre Perret et le dessin animé est complètement réalisé en images de synthèse. On retrouve ainsi les personnages des fables représentés sous diverses formes géométriques : des renards en entonnoirs, des corbeaux en cubes noirs ou encore des parallélépipèdes affublés de pattes!

Pour lire deux des fables de Pierre Perret et les comparer à celles de Jean de La Fontaine, appuyez sur résumé complet.

La Cigale et La Fourmi

Pierre Perret

La Cigale reine du hit-parade
Gazouilla durant tout l'été
Mais un jour ce fut la panade
Et elle n'eut plus rien à becqueter
Quand se pointa l'horrible hiver
Elle n'avait pas même un sandwich,
A faire la manche dans l'courant d'air
La pauvre se caillait les miches
La Fourmi qui était sa voisine
Avait de tout, même du caviar.
Malheureusement cette radine
Lui offrit même pas un carambar
Je vous paierai, dit la Cigale,
J'ai du blé sur un compte en Suisse
L'autre lui dit : Z'aurez peau d'balle
Tout en grignotant une saucisse
Que faisiez-vous l'été dernier?
- Je chantais sans penser au pèze.
- Vous chantiez gratos, pauvre niaise
Eh bien guinchez maintenant!

Moralité:
Si tu veux vivre de chansons
Avec moins de bas que de hauts
N'oublie jamais cette leçon :
Il vaut mieux être imprésario.

Jean de La Fontaine

La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal. "
La Fourmi n'est pas prêteuse :
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant.

Le Lièvre et la Tortue

Pierre Perret

Rien ne sert de trisser faut s'arracher à point!
Le lièvre et la Tortue en savent quelque chose
Cette dernière dit au Lièvre "Si tu l'oses
Veux-tu faire la course? Tu ne me battras point
J'atteindrai le poteau qu'tu aperçois là-bas
Avant que tes bacchantes en aient frôlé le bois"
"Il faut te faire soigner, dit l'autre fanfaron,
Et n'aurais-tu pas une araignée dans l'plafond?"
"Une araignée ou pas, je parierai encore",
Dit la Tortue pensant qu'le vantard avait tort.
Jouant un camembert contre dix-huit carottes
La Tortue entreprit de descendre la côte.
A voir se dandiner cette vieille fêlée
Le Lièvre se poilait du haut de la colline
Il aurait tout loisir de voir à la télé
Les films de Charlot et ceux de Marylin,
Il matait tranquillement "Tarzan à Bornéo"
Quand la Tortue fonçant à dix-huit mètres à l'heure
Avec des crampes aux cuisses approchait du poteau
Le prétentiard alors partit à cent à l'heure.
Il était cependant trop tard, c'était perdu
Et la Tortue déjà lui réclamait son dû
Honteux de s'être fait berner tel un mille-pattes
Il admit qu'la Tortue l'emportait haut-la-patte!

Moralité:
Si t'as envie, bonhomme, d'êtr' le premier partout
Y a pas qu'les moltegommes, y faut avoir du chou!

Jean de La Fontaine

Rien ne sert de courir ; il faut partir à point :
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
" Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but. - Sitôt ? Êtes-vous sage ?
Repartit l'animal léger :
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d'ellébore.
- Sage ou non, je parie encore. "
Ainsi fut fait ; et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire,
Ni de quel juge l'on convint.
Notre Lièvre n'avait que quatre pas à faire,
J'entends de ceux qu'il fait lorsque, prêt d'être atteint,
Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter
D'où vient le vent, il laisse la Tortue
Aller son train de sénateur.
Elle part, elle s'évertue,
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu'il y va de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s'amuse à toute autre chose
Qu'à la gageure. À la fin, quand il vit
Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première.
" Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi l'emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ? "


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Les Fables Géométriques © / Fantôme Animation, Canal+, INA, FR3, RTBF, Club d'Investissement Media
Fiche publiée le 05 septembre 2005 - Dernière modification le 18 avril 2015 - Lue 37515 fois