Comment Wang-Fô fut sauvé

Fiche technique
Nom originalComment Wang-Fô fut sauvé
OrigineFrance
Année de production1987
ProductionRevcom Television
Durée15 minutes
AuteurRené Laloux
Auteur "historique"Marguerite Yourcenar
RéalisationRené Laloux
ProductionMichel Noll
Producteur exécutifEvelyne Tolenado, Rolande Zuratas
ScénariiRené Laloux
AnimationKim Taik Djeun, Djeung Djeung Hi, Kim Yeung Tcheul
Direction de l'animationKim Kwang Seung
Direction artistiquePhilippe Caza
DécorsPak Dong Bong, Djeun Tchang Nam
MontageChristine Pansu
MusiquesGabriel Yared
Diffusions
Arrivée en France (cinéma)11 décembre 1987 (avec Gandahar)
1ère diffusion hertzienne30 juin 1989 (FR3 - De l’autre côté)
Editions
Sortie en DVD17 novembre 2006 (Arte Vidéo - en bonus de Gandahar)
Sortie en DVD8 mai 2017 (La Traverse - livre-DVD)
Sortie en Blu-Ray Disc31 mars 2024 (Le Chat qui Fume - en bonus de Gandahar)
Synopsis

Le peintre Wang-Fô sillonne les provinces du Royaume de Han, troquant ses tableaux contre un peu de nourriture. Lui et son disciple Ling se font arrêter dans une auberge par les gardes royaux et emmener au palais. Là-bas, l’empereur révèle la raison de son courroux : les œuvres du vieux peintre ont été son unique lien avec le monde extérieur pendant que son éducation se faisait entre les murs de la forteresse… jusqu’au jour où à seize ans, celui-ci pu enfin sortir du palais et découvrir un monde moins beau que les tableaux de Wang-Fô. Se sentant trahi, l’empereur souhaite brûler les yeux du peintre avant de lui couper les mains. Ling en s’interposant est aussitôt stoppé par les gardes et décapité. Mais avant de procéder à la punition du vieux peintre, l’empereur demande à Wang-Fô d’achever l’une de ses œuvres de jeunesse, représentant un paysage marin ; un ultime tableau dans lequel l’artiste s’en ira, en voguant vers l’horizon…

Commentaires

Pour son dernier film en tant que réalisateur, René Laloux délaisse la science-fiction dans laquelle il s’est spécialisé tout au long de sa carrière au profit du conte philosophique. Il n’est encore qu’un simple adolescent lorsqu’il découvre pour la première fois L’histoire de Kwashin Koji (1901), un conte du Japon rapporté par l’écrivain Lafcadio Hearn, l’un des premiers passeurs de la culture japonaise en Europe. L’histoire inspire Marguerite Yourcenar qui en tire alors sa propre version en 1936 intitulée Comment Wang-Fô fut sauvé, où le récit est transposé en Chine médiévale.

Durant le tournage du film Les Maîtres du Temps à Budapest, René Laloux découvre dans la bibliothèque de sa logeuse un exemplaire du livre de Yourcenar où figure la nouvelle en question. Au moment où il développe avec le producteur Michel Noll le magazine d’animation De l’autre côté sur FR3, lui vient alors l’envie d’adapter en court-métrage cette histoire qui l’a accompagné tout au long de sa vie (et qui, d’après lui, aurait joué un rôle dans son choix de faire du cinéma d’animation) ; il choisira néanmoins la version de Marguerite Yourcenar pour la finesse du texte, tout particulièrement pour le monologue de l’empereur – qui ne subira que très peu de modifications.
Alors que la production de Gandahar en Corée du Nord touche à sa fin, le réalisateur mobilise les meilleurs membres de l’équipe pour l’animation et les décors ; Philippe Caza assure une nouvelle fois l’aspect visuel (en peaufinant son trait au passage pour le rendre encore plus facile à animer), tandis que Gabriel Yared s’occupe de la musique. Le résultat est projeté en première partie de Gandahar avant d’être diffusé à la télévision via l’émission De l’autre côté en 1989.

Globalement respectueux du texte d’origine, Comment Wang-Fô fut sauvé constitue à son corps défendant l’œuvre testamentaire de René Laloux (ses projets ultérieurs resteront inachevés) mais aussi son œuvre la plus personnelle : il y est question de création, de regard artistique et d’images prenant vie. Une véritable mise en abyme est ainsi délivrée à travers l’usage de l’animation pour assurer une continuité graphique entre le monde réel et les tableaux de Wang-Fô d’une part, et l’opposition entre l’empereur rejetant son propre monde et le peintre ayant accès à la liberté de réinventer le monde d’autre part – telles les deux facettes de René Laloux lui-même. Soutenue par une animation épurée et élégante, l’image porte le verbe – partagé entre la narration de Ling et le monologue de l’empereur – pour mieux le sublimer à travers une approche surréaliste où la réinvention du monde par l’art devient non pas une fuite mais une appréhension plus riche et émerveillée du monde, au-delà de la réalité.
Comment Wang-Fô fut sauvé aura droit à sa propre édition en livre-DVD en 2017, preuve de son statut à part dans l’œuvre de René Laloux.

Doublage
Voix françaises :
Olivier CruveillerLing
Jean-Claude Dreyfusl'empereur
Auteur : Klaark
Sources :
Sources : Jérôme Dutel (dir.), Adaptation littéraire et courts métrages d’animation – Au milieu de l’image coulent les textes, L’Harmattan, 2020, p. 155-164.
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Comment Wang-Fô fut sauvé © René Laloux, Marguerite Yourcenar / Revcom Television
Fiche publiée le 27 avril 2026 - Lue 116 fois