Fiche technique
| Nom original | Mortadelo Y Filemon Contra Jimmy El Cachondo |
| Mortadel et Filémon contre Jimmy le Mariole |
| Origine | Espagne |
| Année de production | 2014 |
| Production | Zeta Cinema, J. Cohen Productions, Peliculas Pendelton, Ilion Animation Studios |
| Durée | 92 min |
| Auteur | Javier Fesser |
| Auteur BD | Francisco Ibañez |
| Réalisation | Javier Fesser |
| Production | Antonio Asensio, Luis Manso, Francisco Ramos |
| Scénarii | Javier Fesser, Claro Garcia, Cristobal Ruiz |
| Story-boards | Victor Monigote |
| Animation | Cristian Dan Bejarano, José Mansuy, Alberto Barba, Luis Calvo, José De Lucas, Jesus Del Campo, Miren Delgado, Sergio Diez, Roberto Johns, Javier Garcia, Tomas Gutierrez, Jesus Gutierrez, Chus Herrero, Mariano Lopez, Julio Lorenzo, Paola Marin, Magin Marqués, Manuel Menendez, Maria Montes, Arnau Ollé Lopez, Eduardo Quintana, Jordi Solanes |
| Direction des effets spéciaux | Javier Romero |
| Chara-Design | Victor Monigote |
| Direction de l'animation | Javier Abad |
| Direction artistique | Jorge Blanco |
| Décors | Veronica Alvarez, Antonio Arés, Raul Morales |
| Montage | Javier Fesser |
| Musiques | Rafael Arnau |
| Direction de doublage | Laurent Vernin |
Synopsis
Branle-bas de combat au siège de la TIA !
Jimmy le Mariole, un forcené adepte des explosifs, vient de s’emparer du coffre-fort du directeur, lequel contient des documents ultra-secrets ! Les meilleurs agents sont mobilisés… du moins les deux seuls disponibles : Mortadel et Filémon, dont la maladresse n’a d’égal que leur stupidité. Comme si leur mission n’était pas suffisamment périlleuse, le duo devra aussi faire face à Grosses Paluches, une brute épaisse fraîchement évadée de prison qui a juré de se venger de Filémon, responsable de son arrestation, pour lui faire subir le supplice du « vous-savez-quoi ».
Le sort de la TIA est désormais entre les mains des pires agents qui puissent exister…
Commentaires
Créée en 1958 par Francisco Ibañez, la série Mortadel et Filémon est une œuvre majeure de la bande dessinée populaire espagnole, à l’aura digne de celle d’un Astérix en France. Jusqu’au décès de leur auteur en 2023, le duo aura fait rire des générations de lecteurs, entre l’empoté Mortadel dont les multiples déguisements tiennent plus de la métamorphose que du costume et l’impulsif Filémon qui prend les coups à répétition tel un punching-ball humain. Sur les centaines d’albums publiés en Espagne, seuls huit d’entre eux seront traduits en français chez Mon Journal entre 1970 et 1974, puis six autres albums chez Arédit entre 1984 et 1986 sous le nom de Futt et Fil.
Un tel ancrage dans le paysage culturel espagnol avait de quoi attirer les producteurs, plusieurs adaptations à l’écran virent le jour, à commencer par une série de dessins animés réalisée en 1966 par Rafael Vara. Beaucoup plus connue, la seconde série produite en 1994 par la chaîne BRB sera nommée en France Mort et Fil et diffusée sur Cartoon Network. Le cinéma s’est également emparé des personnages avec tout d’abord Crimen imperfecto (1970) de Fernando Fernan Gomez qui constitue une sorte d’adaptation non-officielle. En 2003, le réalisateur Javier Fesser livre Mortadel et Filémon, véritable transposition live de la bande dessinée d’Ibañez où les effets spéciaux numériques restituent toute la violence slapstick des gags. Aux yeux de l’auteur qui a été jusque-là déçu des dessins animés tirés de ses personnages en termes de mouvement et de rythme, c’est une véritable réussite qui s’est traduite par l’un des plus gros succès publics du cinéma espagnol de l’année, lequel donna lieu à une suite (Mortadel et Filémon – Mission : Sauver la Terre) réalisée par Miguel Bardem en 2008.
En grand fan de la bande dessinée, Javier Fesser en 2010 n’en a pas encore fini avec les deux personnages : il souhaite les mettre de nouveau en scène, cette fois-ci sous la forme d’un long-métrage d’animation pour bénéficier d’une plus grande liberté créatrice. Quatre ans de production seront nécessaires pour mener à bien Agents Super Zéro qui se veut l’adaptation la plus respectueuse de l’œuvre de Francisco Ibañez. À l’instar des albums originaux, l’intrigue n’est qu’un prétexte à un déferlement de violence cartoonesque où les personnages en prennent sévèrement pour leur grade avec un rythme qui ne s’essouffle jamais.
Récompensé de deux Goya en 2014 dans les catégories Meilleur film d’animation et Meilleure adaptation scénaristique, le film recevra toutefois un accueil mitigé. Sur un budget d’environ 10 millions d’euros, il en rapportera la moitié sur le sol espagnol mais l’exploitation internationale sera insuffisante pour en faire un succès et le public français devra se contenter d’une sortie directe en vidéo. Placé sous le signe de la frénésie destructrice à la Tex Avery, Agents Super Zéro souffre de son rythme trépidant le rendant aussi jubilatoire qu’épuisant à regarder ; de même, son humour outrancier en fait un film peu recommandable pour les enfants et pourrait laisser les adultes atterrés face à son esprit bas-du-front au possible. Il n’en demeure pas moins une comédie slapstick à la réalisation solide (notamment durant les scènes de course-poursuite) qui assume pleinement sa dimension régressive.
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