Pixifoly

Fiche technique
OrigineFrance
Année de production1983
ProductionTF1
AnimationImage Intégrale (jeux vidéo)
Nombre d'épisodes25
AuteurCécile Roger-Machart, Jacques Peyrache
RéalisationJacques Peyrache, Régis Duval, Olivier Altman (ép. 20)
Conseiller artistiqueJean-Michel Blottière
ScénariiJacques Peyrache, Régis Duval, Cécile Roger-Machart (ép. 11 & 17), Christine Goyetche (ép. 17 & 19), Paul Razou (ép. 18, 24 & 25), Olivier Altman (ép. 20), Pascal Breton (ép. 20), Philippe Niang (ép. 22 & 23)
AnimationJean-Claude Gavet (générique)
Effets SpéciauxDaniel Wiemert, Guy Chevre
DécorsJean-Claude Schwalberg, Michel Rech (ép. 17), Dominique Bocarossa (ép. 20)
MusiquesAlain Guelis, Marc Goldfeder (ép. 20), Alain Ledouarin (ép. 20 & 24), Bertrand Lajudie (ép. 24)
Diffusions
1ère diffusion21 septembre 1983 (TF1 - Vitamine)
Synopsis

Mélanie, Antoine et Dominique veillent sur Pixifoly, la planète des jeux vidéo. Une mission à accomplir, une épreuve à surmonter, un trésor à retrouver ? Rien n’est impossible pour le valeureux trio, capable de traverser l’écran pour rentrer directement dans les jeux, guidé par le Mégazbu (dispositif à mi-chemin entre le gouvernail et le joystick). Grâce à leur adresse mais aussi à l’aide des enfants qui assistent aux événements, les trois héros sauront triompher de tous les dangers et, en guise de conclusion, désigneront dans leur jeune public celui ou celle qui aura droit à un « baptême de l’image » au cœur de l’ordinateur.

Commentaires

Associé à l’émission Vitamine, Pixifoly aura marqué les esprits en étant la première émission de télévision en France dédiée aux jeux vidéo.
Jacques Peyrache, réalisateur formé à la vidéo et l’informatique, est nommé en 1982 à la direction recherche-image de TF1. La chaîne, alors publique à l’époque, lui confie l’idée d’une émission consacrée aux jeux vidéo dont personne ne veut. Marqué par la capacité des enfants à se projeter dans des images rudimentaires composées de gros pixels, le réalisateur fait rapidement le lien avec le caractère contraignant des technologies de l’image de synthèse (encore coûteuses et balbutiantes) et imagine un concept de fiction où les protagonistes entreraient à l’intérieur des jeux vidéo à la manière du film Tron (1982) des studios Disney. Ainsi, par rapport aux émissions ultérieures que seront Microkid’s (France 3), Télévisator 2 (France 2), Cyberflash (Canal+) ou Des Souris et des Roms (Canal J), il ne s’agit pas pour Pixifoly d’aborder le jeu vidéo sous l‘angle du test avec passage en revue des qualités et défauts des titres (graphisme, son, maniabilité, etc.) mais de raconter avant tout une histoire en célébrant le caractère immersif de ces univers de pixels et l’imagination à l’œuvre.

L’émission va devenir un véritable laboratoire d’expérimentations pour TF1, à commencer par son générique d’ouverture, le tout premier entièrement réalisé en image de synthèse pour une émission française : la caméra se déplace dans un dédale de bâtiments puis entre dans une arène avant de s’élever pour montrer au téléspectateur lesdits bâtiments former le logo de l’émission. Trois semaines et demi de travail intensif sur les supercalculateurs de Control Data à Marne-la-Vallée seront nécessaires pour aboutir à ce résultat. Le calcul de rendu sur les ordinateurs géants de la banque BNP est tel que la paie des employés sera bloquée et reportée au lendemain !
La réalisation des épisodes a lieu aux studios de Cognacq-Jay et mobilisent une quarantaine de personnes qui travaillent 15 heures d’affilée pour mettre en boîte un épisode de 15 minutes. Les auteurs écrivent le scénario avec pour fil conducteur les différents jeux vidéo sélectionnés par Jean-Michel Blottière, rédacteur en chef du magazine Tilt et futur présentateur de Microkid’s. Les sessions de gameplay des jeux en question sont préalablement enregistrées tandis que les répétitions ont lieu sur le plateau : un écran de 2 mètres sur 3 qui diffusera les images est couché au milieu d’une estrade avec, outre le Mégazbu qui sera piloté par l’un des animateurs, les gradins où prendra place le public d’enfants grimé selon la thématique de l’épisode.
Pendant ce temps, l’équipe de la société Image Intégrale (François Helt, Thierry Villard et Roland Kessler) s’occupe de concevoir les décors graphiques chargés de faire le lien entre les séquences se déroulant à l’intérieur des jeux. En raison des sorties vidéo des multiples consoles et micro-ordinateurs, il est en effet difficile pour l’équipe d’avoir un rendu visuellement acceptable, qui plus est avec l’incrustation des comédiens ; c’est pourquoi Image Intégrale reconstitue les graphismes de l’époque (Commodore 64, Colecovision, Atari 2600, Intellivision, ZX Spectrum, etc.) via un ordinateur Apple II couplé à un terminal graphique Jupiter 7 et crée de petites animations, lesquelles seront ensuite diffusées en direct, pendant l’enregistrement de l’émission. Les comédiens traversent l’écran et évoluent dans les jeux par un simple système d’incrustation sur fond bleu, le Jupiter 7 prenant en charge les effets de masquage lorsque l’un des animateurs passe derrière un élément du décor. Chaque épisode se conclue sur un membre du casting (généralement, l’un des enfants du public) qui se retrouve incrusté sur des images issues de simulateurs de vols développés par Thomson (ou par le CCETT de Rennes selon les épisodes).
Entre le jeu vidéo érigé en phénomène esthétique et culturel, le déploiement des technologies impliquées et l’impression de direct qui abolit les frontières entre la réalité et le monde de l’image, Pixifoly constitue une proposition unique à la télévision qui sera un immense succès auprès des enfants. D’abord bimensuelle, l’émission devient hebdomadaire à partir du mois de mars 1984 et se poursuivra toute l’année en incluant un conte de Noël pour les fêtes de fin d’année. Le dernier épisode intitulé Les Aventuriers de l'Image sera diffusé en janvier 1985 : sans s’appuyer sur des jeux précis, cette conclusion montre la volonté des auteurs de mettre en avant l’idée de raconter des histoires avec l’image de synthèse, ce que Jacques Peyrache fera par la suite au sein de sa structure Pixibox, avec des séries animées telles que Touni et Litelle (1987) ou L’Île aux Ours (1990).

Liste des épisodes
01. Jeux vidéo (…)
02. De liane en liane (…)
03. Les Frontières Interdites (…)
04. Le Dernier Atlante (…)
05. Les Clés rivales (…)
06. La Course au Secret (Les Schtroumpfs, Advanced Dungeons & Dragons : Treasure of Tarmin, Spiderman)
07. Sur le Chemin d'Eldorado (…)
08. Le Mystère des Hiéroglyphes (…)
09. Aventures Polaires (…)
10. Les Mers du Sud (…)
11. Le Magot du Siècle (Safecracker, Firefighter, Decathlon)
12. Alcatrax (Astro-Chase, Moon Sweeper, Fort Apocalypse, Soccer)
13. titre inconnu
14. Le Secret des Origines (Fathom, Wing War, Disc of Tron)
15. On ne vit que trois fois (James Bond 007, Scuba Dive, Super Pipeline, Pit Stop)
16. La Bataille du Pixifique (Beach-Head, […])
17. Malixia joue et perd (Carnival, Guest Buster, Cabbage Patch Kid)
18. Le Grand Retour de la Barbarie (The Last Gladiator, Aztec Challenge)
19. Les 36 Lanternes du Temple Maudit (Spare Change, Bruce Lee)
20. Sur la route (Truckin, Beauty & the Beast, Freeway)
21. Pixifoclips
22. Tarzan aux Jeux Olympiques - 1er épisode : Panique aux Jeux Vidéolympiques (Summer Games, H.E.S. Games, Tarzan)
23. Tarzan aux Jeux Olympiques - 2ème épisode : La Fiancée de Tarzan (Summer Games, H.E.S. Games, Tarzan)
24. Pixinoël : Les aventures de Johnny Pix à Las Pixas
25. Les Aventuriers de l'Image
Acteurs & Actrices
Christine MartinMélanie, la créature (ép. 25)
Antoine VareilleAntoine
Dominique LenglartDominique
Eric DoDo, Professeur Walgenwitz (ép. 25)
Billy Billy (ép. 19)
Amélie GoninJane (ép. 23), Amélie (ép. 24), Miss Améline (ép. 25)
Caroline AppéréCaroline (ép. 24)
Auteur : Klaark
Sources :
Pierre Hénon, Une histoire française de l’animation numérique, EnsAD éditions, 2018.
Cécile Welker, La Fabrique des "Nouvelles Images" : l’émergence des images de synthèse en France dans la création audiovisuelle (1968-1989), thèse de doctorat en Arts et sciences de l’art, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, 2015.
Jean-Michel Blottière, Coulisses : Les images folles de Pixifoly, Tilt n° 09, janvier-février 1984, p. 70-77.
Jacques Peyrache, producteur-réalisateur (France), Banc-Titre n° HS, juin 1984, p. 20.
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© Cécile Roger-Machart, Jacques Peyrache / TF1
Fiche publiée le 26 juin 2023 - Dernière modification le 21 septembre 2023 - Lue 1666 fois