Jojo's Bizarre Adventure : Diamond is Unbreakable

Fiche technique
Nom originalJoJo no Kimyô na Bôken Daiyamondo wa kudakenai
(ジョジョの奇妙な冒険 ダイヤモンドは砕けない)
OrigineJapon
Année de production2016
ProductionDavid Production, Inc.
Nombre d'épisodes39
Auteur mangaHirohiko Araki
RéalisationToshiyuki Katô (réalisateur en chef), Naokatsu Tsuda
ScénariiYasuko Kobayashi, Shôgo Yasukawa, Kazuyuki Fudeyasu, Shin'Ichi Inotsume
Chara-DesignTerumi Nishii, Shun'Ichi Ishimoto (assistant)
Superv. en chef de l'anim.Terumi Nishii, Shun'Ichi Ishimoto, Mitsuko Baba
Direction artistiqueShun'Ichirô Yoshihara
Direction de l'écritureYasuko Kobayashi
Chef coloristeYûko Satô (2)
Direction photographieKazuhiro Yamada
MusiquesYûgo Kanno
Gén. VF interpreté parGénérique VO
 
» Staff étendu
Editions
Sortie en DVD / Blu-ray16 mai 2018 (Kaze)
Synopsis

Nous sommes en 1999, une dizaine d'années après le combat final de la précédente génération contre Dio.
Kujô Jotarô se rend à Morio au Japon, une ville de 53000 habitants, afin d'y trouver un certain Higashikata Josuke. Ce jeune homme se trouve être le fils illégitime de Joseph Joestar, et par voie de fait l'oncle de Jotarô. Jotarô est venu lui annoncer qu'il est le fils d'un aventurier anglais mais aussi qu'un danger plane sur sa ville. Une ancienne connaissance de Dio est venue y instiller un poison prenant la forme d'un arc dont les flèches sont capables de donner aux personnes qu'elles atteignent la faculté d'obtenir un Stand.

Commentaires

Cette troisième série (mais quatrième partie) de JoJo's Bizarre Adventure, Diamond is Unbreakable ne suit pas une histoire linéaire et un ennemi principal entouré de ses serviteurs comme les trois premières parties le faisaient avant elle. Ici, l'attention est autant portée sur le lieu que sur les évènements qui s'y déroulent : Morio, une ville japonaise fictive créée par Hirohiko Araki avec une minutie à la hauteur de son talent.

Si Jotarô et ses compagnons ont voyagé à travers le monde pour trouver Dio, Higashikata Josuke et ses amis ne quitteront jamais vraiment la bourgade. Dans les trois premières parties, nos JoJo devaient toujours voyager plus ou moins loin pour évoluer ou poursuivre leurs ennemis. Bien qu'ils affrontent des adversaires redoutables, excentriques et dérangés, ils resteront toujours à Morio (ou ses limites) et leurs combats resteront la majorité du temps de l'ordre du personnel.

Autre point qui diffère des précédentes générations, l'absence d'un véritable fil conducteur. La menace est bien sûr représentée par le mystère de cette soudaine apparition de manipulateurs de Stands, cependant ces derniers ne forment pas une association de malfaiteurs regroupée derrière un leader charismatique mais les victimes, consentantes ou non, de l'arc et la flèche. Parmi tous ces manipulateurs de Stands, quelques-uns deviendront amis avec nos héros sans qu'ils n'en deviennent pour autant des alliés de combat. Mais on prendra plaisir à les retrouver de manière ponctuelle au cours de la série. Enfin, autre point de divergence avec les autres parties, une bien plus large diversité quant aux situations vécues, puisqu'elles ne se résoudront pas systématiquement par des combats. Il s'agit là d'une évolution déjà entamée dans Stardust Crusaders, mais de manière bien plus développée ici.

Tout au long de l’œuvre, c'est le plus souvent à travers le point de vue des deux personnages principaux que l'on suivra l'histoire, Koichi Hirose et Higashikata Josuke.
Koichi Hirose passe d'abord pour un simple commentateur auprès du spectateur, l'habituel point d'ancrage, témoin ordinaire d'aventures extraordinaires de surhommes, toujours étonné de tout. Mais très vite, sans aller jusqu'à être le personnage central pour autant, il évoluera de manière bien plus intéressante pour l'histoire.
Quant à Higashikata Josuke, il est tout à fait digne de se faire appeler JoJo, tant il ne dénote pas un instant de ses prédécesseurs de par sa personnalité et son Stand, Crazy Diamond. De nature calme et discrète (malgré ses goûts vestimentaires et capillaires exubérants), il en faut beaucoup pour le mettre hors de ses gonds - sauf si vous lui parlez de sa coupe de cheveux en mal. Auquel cas il devient sourd à tout raisonnement et déchaîne Crazy Diamond sur celui qui a osé ainsi se moquer de lui !
Crazy Diamond est un Stand rapide qui pose même problème au Star Platinum de Jotarô. Mais son véritable atout se trouve dans le fait que tout ce qu'il frappe violemment se répare automatiquement après-coup, êtres vivants comme objets. Seulement, si Josuke se trouve en état de colère sourde au moment de frapper, l'état de la victime sera différent de sa forme initiale.

A l'image de ses deux personnages principaux, le point fort de Diamond is Unbreakable se situe dans sa large palette de personnalités fortes et variées, car, à un niveau supérieur à ses prédécesseurs, la série se repose essentiellement sur un large éventail de caractères hauts en couleurs, comme par exemple avec le mangaka Rohan Kishibe ou le jeune chef italien Tonio Trussardi. Cette quatrième génération regorge de ce genre d'hommes et de femmes, du bon comme du mauvais côté.

La menace numéro un de cette quatrième partie fait d'ailleurs son entrée assez tardivement dans la série en la personne de Yoshikage Kira. Mais c'est un méchant comme rarement vous en aurez vu, spécialement dans l’œuvre de Hirohiko Araki, l'auteur étant un habitué des vilains grandiloquents et magnifiques, des adeptes du discours à rallonge et des grands coups d'éclat ; or, c'est ici tout le contraire avec Kira, véritable négatif de Dio Brando. Ce tueur en série fait tout pour ne pas être remarqué, et Araki a profondément établi son background dans ce sens. Cette tendance à la discrétion mise en perpétuel danger par son insatiable faim de meurtre le rapproche beaucoup d'un Dexter Morgan, autre tueur en série de fiction notoirement connu.
Kira est clairement l'antagoniste principal de l'histoire, anti-héros au sens premier, sa révélation au grand jour est un tournant important dans Diamond is Unbreakable. Il n'est pas l'instigateur de tous les malheurs de la ville de Morio mais il en est certainement la plus terrible conséquence, et s'il n'a pas le charisme de Dio, il est tout aussi dangereux, voire bien plus, n'étant pas du genre à attendre patiemment que ses ennemis viennent le débusquer. Il est la menace qui se cache et attend patiemment le moment idéal pour frapper. C'est un tueur sociopathe qui suit sa propre logique, et son comportement névrosé (comme par exemple le fait qu'il ne peut s'empêcher de remettre la chaussette de l'une de ses victimes à l'endroit) est en parfaite adéquation avec son mode de vie. Tout ce qu'il est, tout ce qu'il fait transpire le danger. A la différence d'un Dio dirigé par ses ambitions humaines et sa nature monstrueuse, Kira est un homme comme tout le monde, sans grandiloquence, sans exubérance. Il peut très facilement se fondre dans la masse et tuer qui il souhaite sans faire de remue-ménage, le rendant bien plus difficile à attraper, et donc autrement plus dangereux, plus insidieux.

La série garde son identité malgré les changements au niveau de l'équipe de réalisation, au même titre que le doublage et la bande originale.
Rompant avec la tradition des trois précédentes générations de changer de compositeur à chaque nouvelle partie, Yûgo Kanno, déjà présent sur Stardust Crusaders, est à nouveau aux commandes de l'OST. Il s'est également occupé de l'épisode spécial consacré à Rohan Kishibe dans l'OVA réalisée par Toshiyuki Katô (Kishibe Rohan wa Ugokanai).
Il y a toutefois un changement assez important. Dans les trois premières générations, l'intrusion du paranormal, du Bizarre, dans chaque épisode était clairement définie par un changement soudain de couleurs naturelles vers d'autres plus surnaturelles dans les décors comme pour les personnages. Ici, dès les premières minutes du premier épisode on découvre un ciel jaune, des pavés saumon, des routes vert pomme, et ce sans qu'aucune situation particulière ne le justifie.

Un parti pris qui déroute au premier abord, mais qui peut trouver une explication dans le fait que la ville de Morio est à elle seule l'incarnation du Bizarre. Là où les précédentes séries jonglaient entre situations quotidiennes et banales et l'intrusion soudaine du surnaturel, il plane constamment sur Morio une atmosphère étrange. Ses habitants sont comme contaminés par une espèce de virus de la "Bizarrerie", qu'ils soient ou non des manipulateurs de Stand. C'est donc un point fort de cette partie qui est ici mis en valeur à juste titre à travers ce choix graphique. On notera aussi l'apparition d'effets de transition entre certaines scènes très réussis et sympathiques.

Si on peut regretter la baisse significative de présence des onomatopées, ainsi que certains raccourcis opérés dans certaines histoires, c'est un point noir qui ne vient pas gêner l'appréciation générale en fin de compte, et cette quatrième partie est suffisamment percutante et originale pour tenir la comparaison avec ses grandes sœurs, notamment dans ses partis-pris esthétiques, plus épurés qu'avant, mais tout autant cohérents avec le sujet.

Les deux précédentes saisons ont été émaillées de superbes génériques d'ouverture et de fin, et si celle-ci rompt avec les choix précédents d'offrir des chansons spécialement écrites pour la série, la mise en scène et l'animation de ses Opening restent de très bonne qualité, à l'image de Crazy Noisy Bizarre Town (du groupe THE DU), le premier générique, qui met en avant la ville de Morio autant que ses habitants les plus louches.
Depuis le début de la série, l'Ending reprend une chanson sortie à l'époque de la diffusion du manga, ou à l'époque où l'action est située. Dans le cas présent, c'est I Want You du groupe Savage Garden qui illustre le très beau générique de fin.

Les 2 coffrets DVD et Blu-Ray de la série sont sortis en France chez Kazé, toujours sans VF, contenant vingt épisodes pour le premier et dix-neuf pour le second.

Auteur : Fëanor curufinwë
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JoJo no Kimyô na Bôken Daiyamondo wa kudakenai © Hirohiko Araki / David Production, Inc.
Fiche publiée le 29 août 2018 - Dernière modification le 07 novembre 2018 - Lue 1315 fois