Paranoia Agent

Fiche technique
Nom originalMôsô Dairinin (妄想代理人)
L'agent de l'illusion
OrigineJapon
Année de production2004
ProductionAsmik Ace Entertainment, Wowow, Madhouse, Tohokushinsha Film
Nombre d'épisodes13
AuteurSatoshi Kon
RéalisationSatoshi Kon
Producteur exécutifYôsuke Kobayashi, Shin'Ichi Kobayashi
ScénariiSeishi Minakami, Tomomi Yoshino
Chara-DesignMasashi Andô
DesignHideki Hamasu (Maromi)
Direction artistiqueNobutaka Ike
Direction de l'écritureSeishi Minakami
CouleursKen Hashimoto
Direction photographieKatsutoshi Sugai
MusiquesSusumu Hirasawa
Adaptation françaiseHélène Monsché, Emmanuel Pettini
Direction de doublageGilbert Lévy
Gén. VF interpreté parGénérique VO (début), Aucun (Générique instrumental) (fin)
 
» Staff étendu
Diffusions
1ère diff. Cable/Sat/TNT15 décembre 2005 (W9 - 1er épisode uniquement)
1ère diff. Cable/Sat/TNTSeptembre 2006 (MCM)
RediffusionsMai 2009 (Gong)
7 avril 2011 (Nolife)
Editions
Sortie en DVDFévrier 2006 (Dybex)
Sortie en Blu-Ray Disc27 juin 2017 (Dybex)
Synopsis

Tout commence lorsque Tsukiko Sagi, une jeune designeuse, est pressée par son patron de créer une nouvelle peluche qui devra être aussi populaire que celle qu’elle a créée précédemment : Maromi. Mais Tsukiko n’a pas d’idées et alors qu’elle rentre chez elle complètement dépitée, elle est attaquée dans un parking par un jeune garçon à rollers qui la frappe avec une batte de baseball tordue. Le lendemain, deux inspecteurs - Keichi Ikari et Mitsuhiro Maniwa – viennent l’interroger à l’hôpital et se montrent dubitatifs. En revanche, cette histoire intéresse grandement un paparazzi cerné par les dettes, Aki Kawazu, qui va essayer d’obtenir d'elle des informations exclusives. Or, lui-même va être victime du même garçon, qui va désormais se faire connaître dans le quartier de Musashino comme "le Garçon à la Batte" (Shônen Bat en VO). Bientôt, de plus en plus de personnes vont être attaquées par ce dernier mais il demeure pourtant introuvable. Qui est-il ? D’où vient-il ? Les policiers ne parviennent pas à trouver de réponses à ces questions mais finissent par noter une coïncidence troublante : toutes les victimes ont en commun d’avoir été en grande souffrance psychologique avant d’être attaquées puis de s’être ensuite senties libérées d’un poids. Le Garçon à la Batte existe-t-il vraiment ou est-il l’émanation du mal-être de certaines personnes ?

Commentaires

Après avoir réalisé trois long-métrages (Perfect Blue, Millenium Actress et Tokyo Godfathers) qui l’ont consacré comme l’un des plus grands réalisateurs de films d’animation, Satoshi Kon (malheureusement décédé en 2010 après avoir réalisé un dernier film, Paprika) s’est attelé en 2004 à la réalisation d’une série télévisée dans laquelle il a pu utiliser un grand nombre d’idées qu’il avait en tête depuis longtemps mais qu’il n’avait pu placer dans ses œuvres cinématographiques. Néanmoins, on y retrouve encore son goût pour les histoires où la réalité et la fiction se confondent et où de nombreuses interprétations peuvent être faites (à l’instar des œuvres de David Lynch). De par son format plus long, cette série télévisée lui permet de créer un récit touffu avec de nombreux rebondissements qui surprennent le téléspectateur à chaque fois que ce dernier semble avoir compris le fin mot de l’histoire. Ce genre de scénario "puzzle" n'est pas sans rappeler Serial Experiments Lain mais surtout Boogiepop Phantom produit par le même studio, Madhouse. Comme dans ces deux séries, plusieurs sujets de société sont traités : le suicide (thème le plus important dans cette série que Satoshi Kon ne traite cependant pas frontalement hormis dans l’épisode 8), la société de consommation, les pressions sociales, les troubles de la personnalité et même la pédophilie (avec là encore avec un traitement en filigrane). Il s’essaie également à des expérimentations visuelles avec des déformations de l’image lors de certaines hallucinations, des changements de style graphique correspondant aux univers fantasmés (Héroïc Fantasy, Japon d’après-guerre...) de certains personnages, etc. On notera aussi de nombreuses références culturelles (aux Oiseaux d’Hitchock par exemple) mais surtout des auto-références à l’univers de Satoshi Kon que seules les personnes connaissant bien ses œuvres peuvent déceler (ce sont bien souvent des situations ou des noms similaires).

Un des aspects les plus marquants de la série est le concept de dualité qui est présent dans tous les éléments, que ce soit chez les personnages (qui ont une double personnalité, un alter-égo, un sosie ou qui jouent un double-jeu...), dans le ton (à la fois sombre et comique, comme on peut le voir dans le générique dans lequel les personnages rient alors qu’ils sont dans des situations dangereuses ou pathétiques mais aussi dans les épisodes 8 et 9 qui jouent sur un humour très noir), dans le rapport réalité/fiction (certains personnages font naître de leurs fantasmes un monde alternatif) et dans la conclusion (qui propose deux pistes pour expliquer le phénomène qui a engendré cette histoire : une explication "fantastique" et une explication plus rationnelle dénonçant la folie du monde moderne et de la communication dématérialisée - téléphone, répondeurs, tchat, emails etc - qui rend les rapports humains de plus en plus virtuels). Même le titre de la série participe à cette dualité puisqu’on note qu’il en existe justement deux ! Un titre en japonais, Môsô Dairinin (l'agent de l'illusion), faisant référence au pouvoir qui semble engendrer le garçon à la batte et qui déboussole les gens et un autre titre, utilisé hors du Japon, Paranoïa Agent, faisant référence aux sentiments teintés de folie des personnages et de la paranoïa qui s’empare du quartier de Musashino. Tous ces éléments soulignent les contradictions que chacun porte en soi et qui peuvent nous perdre.

Malgré tout, la série n’est pas difficile d’accès, et le téléspectateur qui ne saisira pas tous les sous-textes ne sera pas désemparé pour autant. Par exemple, dans certaines scènes (et les preview situés en fin d’épisodes), on fait référence à des animaux, références qui sont peu intelligibles pour le téléspectateur français ne sachant pas que les patronymes japonais des personnages désignent des noms d’animaux mais qui ne gênent pas pour autant la compréhension globale de l’œuvre. De plus, des visionnages ultérieurs permettront de noter de nouveaux éléments qui rendent la série encore plus riche (exemple avec l'épisode 8 qui prend un tout autre sens quand on remarque un détail concernant les trois protagonistes). On notera à ce propos que lors de la diffusion sur Nolife en 2011, la chaine avait réalisé des bonus présents en début et en fin d’épisode afin de donner quelques informations utiles aux téléspectateurs.

Liste des épisodes
01. Le gamin à la batte
02. Les rollers dorés
03. Bouche gourmande
04. Vivre comme un homme
05. Le chevalier sacré
06. La peur du coup fatal
07. MHz
08. Planning familial
09. ETC.
10. Douce Maromi
11. Sens interdit
12. Radar man
13. Le dernier épisode
Doublage
Voix françaises (Studio Chinkel) :
Sidonie LaurensMaromi
Eric PeterKeichi Ikari
Eric MissoffeMitsuhiro Maniwa
Sabrina LeurquinTsukiko Sagi
Taric MehaniLe gamin à la batte
Gilbert LévyLe vieil homme
 
» Cast étendu
Auteur : Arachnée
Sources :
http://www.dvdanime.net/ (images)
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Môsô Dairinin © Satoshi Kon / Asmik Ace Entertainment, Wowow, Madhouse, Tohokushinsha Film
Fiche publiée le 05 mars 2014 - Dernière modification le 28 juin 2017 - Lue 3523 fois